‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 187 sur 219 · RICHELIEU ET L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

RICHELIEU ET L'ANGLETERRE

qui était grosse du duc do Cdoucester, son troisiôiuc fds, avait réservé cinquante cliambres à la suite de la Reine. Tremblante de joie, elle voulut ouvrir elle-niênie la portière du carrosse qui lui ramenait une mère qu'elle n'avait pas vue depuis près de vingt ans. Charles V chargea son audjassadeur à l*aris de dire à Louis XIII « qu'il donneroit un entretènement convenable à la mère de Leurs deux Majestés » : « Le Roi ne répondit autre ^ chose, ajoutent dédaigneusement les Mhnoires, sinon qu'il avoit déjà appris par ses nunistres son arrivée et sa réception, qu'elle • étoit accompagnée d'étranges conseillers, de Fabroni, Le Goigneux et Monsigot, qui étoient, principalement les deux derniers, de méchants esprits qui ne pouvoient vivre en paix et causeroient bientôt des brouilleries en la cour d'Angleterre, où il n'y en avoit point encore, et troubleroient l'Etat (1). »

Cet État, Richelieu, fort mécontent de Charles I*"", s'apprêtait à le troubler de son mieux. Durant l'automne 1637, le comte d'Estrades avait été envoyé à Londres, pour obtenir que le roi d'Angleterre ne secouriit point les ports de Flandres qui pourraient être attaqués par le Roi Très Chrétien et par le prince d'Orange. Charles \" avait répondu qu'il était disposé à complaire au Roi ^ son beau-frère, « pourvu que ce que Sa Majesté lui demanderoit ne fût pas préjudiciable à son honneur, à son intérêt et à son Royaume, comme il arriveroit s'il permèttoit que le Roi ou les États attaquassent les places maritimes des côtes de Flandres. Il tiendroit sa flotte aux Dunes, en état d'agir avec quinze mille hommes prêts à faire passer en Flandres en cas de besoin (2) ».

Le cardinal avait aussitôt mandé à l'ambassadeur : « Le Roi a été fort satisfait de votre conduite dans les deux conversations que vous avez eues avec le roi et la reine d'Angleterre. Il étoit à propos et avantageux pour le service du Roi de découvrir leui*s sentiments. Ils nous eussent fort embarrassés, s'ils avoient eu l'adresse de les déguiser. Je profiterai de l'avis que vous me donnez pour l'Ecosse et ferai partir dans peu de jours l'abbé Chambers, mon aumônier, qui est écossais de nation, pour aller

(1) Mémoires du Cardinal de Bichelieii, éd. Petitot, t. X, p. 486.

(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 895, note.

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