ILS SONT BATTUS PAR LE COMTE D'HARCOURT
Averti par les habitants de Chieri, le prince Thomas ne manqua point roccasion. Tandis que l'avant-garde du comte d'Harcourt se disposait à jeter un pont sur un ruisseau, l'arrière-garde, commandée par le comte de La Mothe-Houdancourt, était chargée par trois mille cavaliers espagnols et cinq cents dragons. En même temps le prince Thomas, à la tête de mille chevaux et de quatre mille hommes de pied, attaquait l'avant-garde. Mais il y rencontra le comte d'Harcourt combattant et tenant son monde en personne. Défait presque aussitôt, il se sauva grâce à là nuit qui déroba sa fuite. Cependant le vainqueur faisait établir le pont, qu'il franchit rapidement. Son arrière-garde le rejoignit avant le lever du soleil, que le marquis de Leganès attendait pour fondre sur elle avec toutes ses troupes. La joie de Richelieu éclate dans ces lignes du Testament politique : « Cette action, qui se passa le 20 novembre 1639, fut d'autant plus glorieuse que les ennemis avoieut vingt mille hommes contre huit, que notre armée ne pouvoit passer sans défder en leur présence et qu'étant attaquée des deux côtés, elle fut victorieuse de toutes parts. Les ennemis y perdirent deux mille hommes, sans que les morts et les blessés du côté (les Fran(;ois excédassent le nombre de trois cents (1). »
(1) Pèrô Griflet, Histoire du Régne de Louis XIII, t, III, p. 226-229.