‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 4 sur 219 · NANCY ASSIEGEE PAR LOUIS XIII · texte numérisé non relu

NANCY ASSIEGEE PAR LOUIS XIII

Fort de Hichelieu pn'-s de la Malgrang^e, Fort du maréchal de La Force sur la lisière du bois de Saurupt, Fort du marquis de La Force sur le boi'd de la Meurthe, à quelque douze cents toises du villaiie de Toiiiblaine (1). Une armée de terrassiers maniait le pic autour de ces ouvrages. Louis XIII lui-même avait porté le premier coup. Levé d'ordinaire avant le jour, il ne se lassait pas d'inspecter les travaux et ne rentrait qu'à la nuit. Rien ne l'arrêtait, pas même les mousquetades tond)ant soudain du haut des muraiUes pour écarter les gens qui voulaient voir Nancy de trop près.

Le 10 septembre, le cardinal se trouvait à onze lieues au sud de Nancy, dans la petite bourgade de Charmes. Il y reçut une lettre du Roi, tout heureux d'annoncer à son ministre qu'il avait choisi l'endroit le plus convenable pour construire une digue un peu en aval de Nancy et inonder la plaine jusqu'aux muraiUes de la ville. La vallée de la Meurthe, en cet endroit, se resserrait entre des collines. Afin de mieux « faire noyer » Nancy, comme dit en son Journal^ le chroniqueur Jean Conrart, Louis XIII, résolu à fermer la vallée « dune montagne à l'autre », expliquait à Richelieu que sa digue n'était pas une digue ordinaire : « Il y a aussi loin et plus qu'à celle de La Rochelle », écrivait le Roi. Puis, après avoir assuré le cardinal de son amitié et de ses prières, il ajoutait ce post-scriptum : « Je me réjouis de quoi M. de Lorraine a été si ponctuel au rendez-vous (2). »

Charles IV, en effet, venait ratifier un traité que son frère le cardinal de Lorraine avait signé avec Louis XIII le 6 septembre, et c'est, dans le dessein de conférer avec lui, que Richelieu avait quitté « le camp, devant Nancy » pour la bourgade de Charmes.

Les négociations avaient commencé alors que Louis XIII s'était mis en campagne, dès la première étape de Château- Thierry. L(! duc de Lorraine, quelque temps auparavant, avait envoyé son armée surveiller les Suédois du côté de Saverne, à quatre journées de marche de sa capitale. Aussi M. de Saint-

(1) Ch. Pflster, Histoire de Nancy, p. 24-27.

(2) Comte de Beauchainp, Louis XIII d'après sa correspondance avec le Cardinal de Richelieu, p. 125-126.

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