‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 44 sur 219 · POUR GAGNER WALDSTEIN · texte numérisé non relu

POUR GAGNER WALDSTEIN

(Ircoiivort » à YÈminence grise « touchant les grands desseins «[uil avoit (le se rendre puissant dans l'Allemag-ne, puis de faire la euerre au Turc : de quoi il avoit une passion extrême, (jui fut auermentée par celle que lui témoigna le Père (1) ».

Grands desseins avant-coureurs, peut-être aussi, de grandes trahisons. Aujourd'hui, à cette heure même où Feuquières se trouvait à Dresde, le duc de Friedland signait une courte trêve avec le général Arnheim, qui commandait les troupes de Saxe; il correspondait avec Feuquières par l'intermédiaire du comte Kinski, un seigneur exilé de Bohême, beau-frère de Terzka, le confident de Waldstein. Feuquières, à vrai dire, n'était que le continuateur du baron du Hamel, qui s'était rendu à Prague, auprès du duc de Friedland, pour commencer la négociation (2j.

Kinski parla d'abord de raccommodement de Waldstein « avec les princes et États de l'Union (3) ». Feuquières, devinant que sou interlocuteur était un agent du générahssime, lui dicta un mémoire de toutes les injures dont Waldstein avait eu à se plaindre de la part de l'Empereur, de tous les dangers quil avait à redouter de la part de la Cour Impériale. De quelque côté que tournent les afiaires, sa perte est infaillible; vaincu, il se perd avec la maison d'Autriche; vainqueur, il meurt par elle, car lEmpereur ne saurait souffrir un triomphateur que, par jalousie, il a déjà tant humilié. Ce n'est point le commandement de ses armées qu'il lui enlèvera cette fois, c'est la vie! Le duc de Friedland a eu la générosité de reprendre les affaires; qu'il ne conmiette pas la folie de soutenir une puissance qui est à la veille de sa ruine : qu'il ne s'obstine pas dans une guerre que les ennemis de la maison d'Autriche ont les moyens de rendre perpétuelle. Ces ennemis savent que la grande armée du duc de Friedland n'est composée que de troupes nouvelles; les soldats, <( assez mauvais hommes, sont peu affectionnés à leur parti » : les officiers ont peu de capacité ; le généralissime n'a ni les fonds

(1) Lepré-Balain, La vie du R. P. Joseph, de Paris, Capucin, ch. xx.

(2) Lettres et négociations du Marquis de Feuquières, t. I, p. 268.

(3) Aubery, Mémoires pour servira VHistoire du Cardinal Duc de Richelieu, t. II, p. 399.

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