‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 46 sur 219 · RICHELIEU POUSSE LA NEGOCL\TION · texte numérisé non relu

RICHELIEU POUSSE LA NEGOCL\TION

Feu(fiiières répondit à Fricdland et il le fit point par point. Des sûretés couli'e TEoipercur et la maison d'Autriche? « C'est au duc ii proposer s'il en sait de plus srrandes que « la promesse et la protection de tout le corps de l'Union protestante », de plus hautes que « la parole et l'autorité du Roi ». Des actes et des déclai-alions? Nulle déclaration; mais deux actes plus éloquents raille fois que tous les discours : « Son Altesse s'emparera de la Bohême et marchera sur Vienne. » La nianière de se comporter à rég"ard du duc de Bavière? Celle dont on use à l'égard d'un allié que Sa Majesté Très Chrétienne n'abandonne pas complètement; mais, lorsque l'Empereur sera chassé de Vienne, celle dont on use à l'égard d'un ami ingrat qui mérite de souffrir, — sans toute^ fois que la religion catholique souffre avec lui. Feuquières en arrivait enfin à la cinquième et à la sixième questions : il ne fallait confier le secret de la négociation qu'aux Électeurs de Saxe et de Brandebourg et seulement lorsque le duc de Friedland aurait fait son accommodement avec la France : « Son Altesse, concluait l'ambassadeur de Louis XHl, peut assez considérer si, après avoir fait une action si importante, le Roi Très Chrétien pourroit ou devroit souhaiter la puiissance des armes en une autre main que celle de Son Altesse, qui a toutes les conditions que Sa Majesté pourroit désirer tant pour la capacité, générosité et religion qu'à cause de son extrême crédit et de l'assurance qu'elle prendroit on lui, en voyant qu'il se seroit rendu irré-conciliable avec la maison d'Autriche (1). »

Loin de croire, comme Oxenstiern, — avec qui Waldsteiu négociait par le comte de La Tour, — que le duc de Friedland n'était pas sincère, Richelieu approuva Feuquières et lui envoya de nouvelles instructions fort précises : elles autorisaient l'ambassadeur à oflrir à Wald;>tein cent mille écus et même cinq cent mille francs. Si le duc de Friedland s'engageait à entretenir ti»ente mille hommes de pied' et quatre ou cinq mille chevaux pour s'opposer aux desseins de la maison d'Autriche (1) », c'est un million de Hvres qu il recevrait chaque année. En vain il avait rompu la trêve

(1) Aubery, Histoire du Cardinal Duc de Richelieu, t. II, p. 401.

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