‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 102 sur 172 · RICHELIEU RÉCLAME LA RELNE A GRENOBLE · texte numérisé non relu

RICHELIEU RÉCLAME LA RELNE A GRENOBLE

Le Hoi se trouvait avec son ministre à Conllaus sur l'Isère. Il avait toute satisfaction d'avoir suivi les conseils du cardinal. Il était entré en vainqueur dans Ghandiéry le 17 mai. Le 23, il avait ])ris Rouiilly. Annecy. Charbonnières. Montmélian étaient en son pouvoir. A Chainhéry, Mazarin était venu pour connaître les intentions du Koi au sujet de la paix, qui maintenant sendilait proi)al)le, puisque Louis XIll condescendait à restituer Pignerol.

Marie fie Médicis et le a-arde des Sceaux avaient écrit « qu'on no fit point la ])aix, si elle n'était avantas-euse au service du Roi et (prello ne trancliAt les racines d'une jruerre à l'avenir » (1). L;i lieine n'était pas plus sincère dans ses lettres que dans ses discours. « L'amour naturel et non assez considéré qu'elle avait vers sa lille la princesse de Piémont, nous dit Richelieu, sa haine à la maison de Mantoue et le désir de son propre repos et de pouvoir demeurer à son aise en son palais du . Luxembourg », — son beau palais florentin tout neuf. — - «lélivrée de rend)arras de tels voyages, lui faisaient désirer imj)atiemment qu'on fit ce qu'elle n'osait exprimer ni dire qu'elle désiri\t, mais voulait être entendue sans parler et servie sans qu'on osAt mémo lui faire paralti*c qu'on eût compris son dessein (2) ». Tels sont les dessous des all'aii*es de cour, sidifiicilcs à débrouillci' pour l'histoire. Ce n'est pas tant pour avoir son avis que Uichelieu appelle la Reine auprès du Roi ; c'est pour avoir les deux conq)lices près de lui, sous ses yeux auxquels rien n'échai)po. Il tremble que Marie de Médicis ne refuse et il ajoute à sa lettre cet alléchant post-scriptum : « Si Votre Majesté n'a Crenoble ajiréable, Vizille (à quatre lieues de cette ville) est un fort beau lieu, où il y a belles eaux, bon air, beaux promenoirs, ffrands log:ements et tout ce bourg est fort grand et est plus proche de Montmélian que Ci'enoble. » Louis XIII écrit lui-mèuip, Richelieu insiste : la Reine ne vient pas. Le cardinal explique de loin à l'opiniâtre Florentine que « si Casai se perd, il ne faut point espérer de paix, les Espagnols étant trop insolents pour y songer seulement », et rpie la ville se perdra si,

(1) Mémoites du Cardinal de Rù-helieu, éd Pelilof, l. VI, |>. 96.

(■>'. Ihiilpiii. p. 96-97.

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