‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 120 sur 172 · SENS DE CES NOTES INTIMES · texte numérisé non relu

SENS DE CES NOTES INTIMES

I.e Cordelier d'Esp. idem et le {mots illisibles] c[iii le dit. etc.. hori'eup de ces ^ens-là.

Courrier, intercepté idem.

Hernardière, idem.

Gard. Je voudrois qu'il me fust arrivé... Kn la jtçrAce de Dieu.

Ce que vos ennemis n'ont pu faire, vous !<• feriez vous-mesme.

Walstein, Hollande, Brandebourg n'ont pas voulu consentir.

Aurait-on lettre Monsieur avec Reyne, l'Esp,? Et vous avez les doubles sur les bons pour n'avoir voulu adhérer.

Je crois qu'il vaudrait mieux que je me retirasse; regardant mes incommodités; je ne puis plus estre auprès du Hoi. On me chargera (1) ».

Ce qui semble si obscur dans ces notes jetées en hâte avec plusieurs mots illisibles « pour parler au Koi » est clair et net dans l'esprit de Hichelieu. Le cardinal évoque les grandes et les petites choses dont on lui fait grief. La Reine lui reproche d'appuyer M. de Sourdis, archevêque de Bordeaux, dans sa querelle contre 1«; duc d'Épernon, gouverneur de (iuyeune; la Reine n'oubli(î pas (pie le ♦lue- d'Epernon l'a aidée jadis à s'évader du château de Blois ; mais Richelieu ne peut abandonner le prélat, lidèle et énergique serviteiu*. Ou accuse aussi le ministre de fortifier Brouage et de hâter la construction de la maison de Richelieu pour s'y réfugier eu cas de disgrâce, et d'envoyer Sourdis pour veiller à ces travaux. Soupçon qu'on essaye de semer dans l'esprit du Roi, toujours ombrageux et méfiant. Or Richelieu n'a reçu M. de Sourdis qu'avec l'assentiment du Roi. Sa Majesté le lui a permis, au château de Rueil, il s'en souvient fort bien. Sourdis est venu clore certains comptes relatifs au château de Richelieu ; il va rembourser au cardinal les sommes que celuici a tirées de ses coffres et consacrées aux travaux du port de Brouage; mais, si le cardinal commande, c'est sous le gouvernement de la Reine mère. Ce n'est pas l'affaire de M. d'Épernon qui attire à Paris M. de Soui'dis; on n'attend nul courrier de Rome pour cette affaire; celui qui doit en arriver bientôt, n'y est allé que pour obtenir du Pape les dispenses nécessaires au

(1) Archives de M. Gabriel Hanotaux.

296 ON JOIERA I,A l'AMTIK A FOND.

luariago de Monsieur. lMiis((in' la piV-seiice «Ir .M. «le S<junli iin]>ortuiie la Hoim-, l'archev<\ju<' va partir iiitiiié<liat«>nic>nt et !• Hoi réglera hcIoii son hon plaisir les coiiipte» que devait régi* : M. de Hordeaiix. Kichelieu voudrai! savoir scnleinent si M. de S<»ui dis doit aller preiidi'e <-ong«' <iu Koi. .M. de Kordeaux, en retournai, à son diocèse, devait visiter «les hAtiineiits de Hichelieu » et le^ fortifications de Hrouage. Vu mot du Hoi, ci M. de Hordeaux n \ «•ntrei'a pas : la <léj)ense, les comptes, tout cela n'est rien. Ce qui est tout pour le cardinal, ce sont les bonnes grAces du Hoi. Cette; querelle de Hrouage — est-il nécessaire d'insister — est le grief le plus dangereux insinué contre le cardinal : connue le maréchal d'Ancre, comme Luynes, comme plus tard Foufjuet, il se prépa rerait en prévision de sa disgrAce une place de silreté dans l'oue-i avec l'archevêque de Hordeaux, son ann, son fandlier, pour intrument et pour conq)lice! Voilà le fond de la canq)agne. D'Éper non lui-même n'a-t-il pas fait savoir à Home que le hAtiment se déferait bientôt, que la fortune du cardinal était près de s'écrouler. Le Cordelier, agent du duc d'Kpern<jn, n'a-t-il pas «lit la môme chose et ajouté qu'il avait « horreur de ces gens-là - Ces gens-là, c'est lui, Hichelieu, c'est M"" d'Aiguillon, ce sont les serviteurs du Hoi. Mêmes discours <lans une lettre interceptée; mêmes discours dans la bouche d'autres ennemis du Hoi. \j' cardinal aimerait mieux que ce fût fini. « En la grAce de Dieu! Et ce cri monte aux lèM*es de Hicheb'eu : (( Ce que vos eniienus n'ont pu faire, vous le feriez vous-même! » Sire, vous sacrifi< riez votre ministre au moment où il va vous procurer les alliances nécessaires : celle de Waldstein, le général disgracié par l'Empereur, celle de la Hollande et du Brandebourg, au moment où Monsieur, dans les lettres qu'il n'a pas manqué d'écrire à la Reine, ose reprocher au cardinal, comme un crime, d'avoir voulu s'allier aux princes protestants d'Allemagne! Le cardinal est las à la fin de cette hostilité grandissante de la Reine et de la famille royale; le peu de force que Dieu lui a donné pour «ervir son maître s'épuise et il redit, renouvelle la prière qu'il a si souvent adressée au Roi : « Je crois qu il vaudrait mieux que je me retirasse, regardant mes incommodités; je ne

Page 1