‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 164 sur 172 · H(, UFCIIKUKU PLUS PUISSANT QUE JAMAIS · texte numérisé non relu

H(, UFCIIKUKU PLUS PUISSANT QUE JAMAIS

avait plus do viiigi-tiuatro houres (|iio Latrciiias riait «'n |i(>hs<'s sion (le cette «lép«V'he. I^' ridicule poète n trairi-paHloral • l.airoinas, auteur des Amours infortunées de Phélarnas et d» Gaillargestc, publiées en 1005, avait or^'aniHé e<'tte roniérii< sinistre conjointement avec le cardinal, dans l'espérance; dur radier au chevalier les noms de ses complices.

IG«{3 : Hicliclieu est )>lus puissant que jamais. Pour consacrer sa laveur, le Hoi, par lettres jiatentes du mois d'aoïU 1031, avait uni à la sei^ieurie de Hiclielicu une tpiin/aine de haronnics. terres, sei^iuîuries, justices, cliAteaux, villes, l)our/.^s et villa^res il avait éri^é le tout en duché-pairie. Knvahissement ([ue Mathieu de Mordues reprochatt durement ii Son Émincuce : " Vous avez converti en duché-pairie, déclamait rimpitoyahlc pam[)hlétair<un petit fief relevant d'une Imronnic voisine, après «pu; vous avez uni tout le pays (l'ahuitour et le lieu même (|ui vous rendait vassal (1). » Kt dans la Charitable remontrance de Caton chrétien, dont il inonde Paris, il reproche à l'Éminentissimc de porter tant de noms, (ju'il ne sait même plus (jui il est, étant à la fois <(. cardinal, j)remier ministre, amiral, connétable, chancelier, î^arde tics Sceaux, surintendant des finances, ^rand maitre de l'artillerie, secrétaire d'État, duc et pair, gouverneur de trente places, abbé d'autant d'abbayes, capitaine de deux cents hommes d'armes (^t d'autant de chevau-lé^^-ers, contraint de comprendre par un etc., le reste de ses titres ». Il proclame les remords qui rongent le cardinal, les songes vengeurs qui, la nuit, le terrorisent. Les gens, hurle-t-il, « qui ont couché dans votre chand)re ont dit fort souvent que vous en avez de plus é]*ouvantables ([ue celui d'Apollodore, qui songea c[ue les Furies lui avaient arraché le cœur et dansaient toutes en feu autour de la marmite dans laquelle il bouillait. Vous savez ce que l'Écriture a dit, que la conscience af/itée présume et craint toujours choses cruelles; la vôtre doit être dans ces troubles, étant impossible qu'elle soit en repos, lorsque vous ravissez celui du Roi votre maître ; de la Reine votre bonne maîtresse et bienfaitrice :

(1) Mathieu de Morgues, Remontrance de Caton chrétien,^. 4.

UICIIELIKU A BOUT DE I OKCES. 417

<le la Heijie épouse du Roi; Je Monsieur, frènî unique de Sa Majesté; des princes et grands du Hoyaunie; de deux maréchaux de France; de plusieurs personnes de haute, médiocre et hasse condition, que vous tenez prisonniers; de tout le peuple de Fiance (ju(; vous affligez par la truerre, la famine et la peste ; de toute l'Europe (|ue vous renversez; de l'Eirlise de l>ieu, qui j)î\tit dans ces mouvements et perd eu beaucoup d'endroits l'exercice de la religion, que vous chassez par l'assistance que vous donnez à ses ennemis. U"<iiiti toutes ces choses ne vous iHeraient point la ti'anquillité de l'esprit, la pouvez-vous conserver, étant tourmenté par les quatre bourreaux de la vie, qui sont l'ambition, l'avarice, la veng-eance, auxcpielles on dit que depuis j)eu NOUS avez ajouté l'amour (!)?>»

niatribc féroce! qui s'efforce d'attribuer à des causes plus ou njoiiis honteuses l'état nerveux où tant de services avaient mis le cardinal. La charge écrasante des atîaires, supportée en tlépit d'une santé débile, avait rendu le corps exsangue et même su[q)urant par l'excès de tension physi(|ue et intidlectuelle. Le surmenage inouï de toutes les facultés, la vie sans ces.se menacée,

— si l'on peut appeler vie ce que nous venons de dépeindre — l'autorité du Koyaume et du Koi portée à bout <le bras de La Hochelle à Suse, de Suse à Casai, de Casai à Privas, à Toulouse,

— fartleau grandissant à chacune de ces rudes étapes, — la lutte partout et toujours, surtout, dans ces quelques pieds carrés du cabinet royal, au milieu de cette Cour i)lus dangereuse que les mers les plus perfides, avaient laissé l'honune pantelant entre son apothicaire et ses gardes de corps.

Cependant, Kichelieu a vaincu : la paix intérieure est assurée, les protestants sont abattus, les grands tremblent, le parti dévot est paralysé, et si, maintenant, on veut reprendre l'œuvre laissée par le roi Henri et se retourner vers la maison d'Autriche, les mains sont libres. Avant d'engager la lutte, il n'y a plus à apaiser le Royaume, il suffit de l'organiser. TAche encore difficile, certes! mais les premiers succès sont un gage des succès

(1) Mathieu de Morgues, Remontrance de Calon chrétien, p. 3, 4, 7.'>.

hi(:iiI':liei;. — t. m. 27

418 HETOIJH VEHS LES AKKAIUI-IS U*ALLKMA(;NE.

futurs. La t'onliance <!ii ]\"i '•*«' inl.i.i.' ni<M) j.rof.--.- l-i f'i;.ii-<.

lU'vouons donc vers cotte grande allairo du traiti* «le Hati«« l)ontio non ratifir et (jue l'amas «les « hrouillories •> int/'rieure» a laissée en suspens (13 octohn* 1030),

Le Père Joseph avait «'té rappelé en France et U'ou <lépôché & Vienn^^ Le cardinal faisait grand éclat «le cette décinion un peu hrulale. Prenant j)our conlident l'andiassadeur vénitien, il lui écrivait (ju'il n'avait plus «pi'à se retirer dans un chiitrc; et il mandait au mai'ccli.il de Sijiomberg : « (^ommc il est iinpossiLb* de faire marcher un hoiteux sans miracle, le traité est si défectueux (ju'il semble qu'il n'y ait «[uehieu tpii le puisse réparer (1).

Le mieux était maintenant, non plus «le lier les affaii-i's, mais puisqm; les généraux avaient fait honne besogne en Italie, d» traiter à part l'alFaire de Mantoue. Servien, premier jirésidcnt du Parlement de Ilordeaux, et le maréchal de La Force avaient ref;ii pleins pouvoirs pour n«''gocier la paix en Italie avec interdiction d'y mêler les alfaires d'Allemagne. l{en«lez-vous fut pris à Ch<'rasco avec le duc de Savoie, le nonc«î Pan<irol<'. l'ingénieux Mazarin. Le commissaire impérial dallas avait mandat «le traiter et de s'engager non seulement pour l'Empire, mais aussi pour l'Espagne, preuve de la solidarité qui unissait toujours les deux familles de la puissante maison.

Or Richelieu avait le secret dessein de profiter de cet ensembl» de conjonctures pour traiter séparément avec chacune d'elles et ainsi diminuer leur force et leur résistance. Pour l'Italie. s;i pensée de derrière la tète était la suivante ; il l'a expliqu«''e dans l'Avis que le Roi lui avait demandé sur l'état présent de toutes les affaires vers la fin du siège de La Rochelle et qu'il a pris le soin de recueillir dans ses Mémoires : « Si on demandait : Que faut-il donc faire? il diroit franchement ce qui lui en sembloit. Les Espagnols vouloient avoir le Montferrat afin de se rendre maîtres de toute l'Italie et en exclure tout passage aux Français... Lui (le cardinal) voudroit faire une entreprise sûre

(I) Avenel, lettres du Cardinal de Richelieu. {. IV, p. 4.

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