‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 171 sur 172 · RICHELIEU EN AJOURNE L'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

RICHELIEU EN AJOURNE L'EXÉCUTION

chera au ministre d'avoir causé l'infortune du Royaume et la maladie du Roi. Encore une fois, Richelieu sait que la France n'est pas prête et que ni la discipline intérieure, ni l'armée, ni l'argent ne lui permettent de risquer la partie définitive. Il conclut « après avoir balancé » : « Le meilleur est que le Roi n'entre point en rupture, quelque avantage spécieux qu'on puisse proposer; mais il ne faut pas aussi qu'il perde l'occasion de faii*e continuer la guerre contre les Espagnols, parce qu'autrement il les aurait sur les hras et tomberait en d'aussi grands inconvénients pour se défendre d'eux, qu'il ferait en les attaquant maintenant. ))

11 fallait à Richelieu une force d'Ame singulière pour donner ce conseil de patience et de modération après les gran«ls succès ([u'il venait de remportei', alors qu'il avait mis à l'épreuve la confiance et le courage du Roi. Peut-être la France ne retrouverat-elle jamais une occasion plus propice pour s'assurer les frontières que l'histoire, la géographie et une tradition séculaire lui assignent. Mais, il a précisément cette qualité que, quelques jours auparavant, il attribuait au Roi, de ne pas concevoir seulement les desseins, mais de soigner les exécutions.

Il ne renonce pas au projet, il l'ajourne. Voyant qu'il peut facilement contenir en Allemagne l'élément protestant, il se trouve satisfait de s'être assuré son indispensable concours. Il laisse ouverte la question allemande ; il se retourne vers l'intérieur et travaille à grouper dans la main du Roi les forces et les ressources uéccssaiies pour la grande et nécessaire entiojnise.

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