POSITION PRISE PAR LA PAPAUTÉ. SS
4e l'Espagne. Et Louis XUi, en mémo temps, avait fait savoir au Saint-Siège que, pour ne pas avoir à coiiibatti*e les soldats du l*aj)e, il conseillait de rendre les forts à l'Espagne : ce qui impliquait une rupture prochaine avec cette puissance. Urbain VIU ne s'exécutant pa.s assez vite, le marquis de Coeuvres, à la tête d'un<; armée française, s'était saisi des forts et avait chassé la garnison avec les marques du plus grand i-espect. Au même inoment, le connétable de Lesdiguières, uni au duc de Savoie, vivait mis le siège devant Gènes.
Soudain, voilà que de virulents pam])hlet« engagent une guerre de plume contre la France! Les Mysteria politica et VAdmonitio déclarent crime de lèse-majesté divine et liumaine toute guerer entreprise en laveuj* de la Hollande, du Palatiuat, de la Savoie, de >enis«% contre l'Espagne, la Bavière, Gènes, la Valteline et traitent le premier ministre de Louis Xlll de cardinal « boutefeu » (1). Celui-ci prt'pare, en silence, des armes plus redoutables.
C'est dans ces conjonctures que le légat du Pape était arrivé à Paris avec la dispense jiour le mariage de Henriette, le 21 mai 1625. Il avait i*éclamé en même temps, avec insistance, que les forts de la Valteline fussent ivmis entn' les mains du Saintl'ère. Kichelieii fait la sourde oreille. Les lettres adit'ssees par Louis Xlll à son ambassadeur auprès du Saint-Siège prescrivent 4I»* tenir au Pape un langage énergique : « Vous lui représenterez, qu outre que ses longueurs m'ont porté à pardonner aux huguenots, (ju autrement j'eusse mis en état de ne j)ouvoir plus faire «le mal, il me contraint de munir avec les Anglais et toutes sortes de protestants. ■■
Le cardinal sent le besoin de s'appuyer sur l'opinion. Il conseille au Roi <le convoquer une Assend>lée des notables, dont l'avis est connu d avance : le vieux gallicanisme ne s endort jamais. Le nonce juge plus digne d'aller attendre les événements au cliAteau des Papes, <« en Axignon ». Devant l'Assemblée, Jlichelieu, maître de soi-même et de son sujet, prononce une de
(1) Mémoires, -. IV, p. W».
SO lilCHELIblli HKUSUL'Ë LA PAIX D'£Si'A(;.\E.
C08 biillos harangues où l'on trouve des aru^unicnts t\u'i sont «!»•* faits et (les avis qui sont des ordres (1).
Les Ks]»a^iiols avaient iirand liesoin dr la j>ai\. lin lidjru ii'ig^norait jias qu'ils espéraient l'oldenir. avec un succrs raisouluible, par la diplomatie Au U'i^ai. I^>eus, ils signent, au printemps de Tannée 1(j2(i, le traitr de Mon(;on. <|iii IraiM'Itc la (juestion en laveur de la France : le couloir <l«' la Valt<>linc s<'ra lernn'i à l'Kspagne (>t les forts espagnols sci'ont démolis: Ifs (irisons ne garderont <le leur suzeraineté «pie le droit de lever sur les Valtelins un tribut annuel de vingt-cin<| mille écus et la religion catboli({ue sera seule j)ratiquée en Valteline. <Ie traité de Mon<;on va «levenir un <les éléments de force de la ptditique framaiM*.
L'Angleterre, Venise, les (îrisons, la Savoie, qui n ont pas été consultés, poussent les hauts cris. Le Savoyard crie plus fort «pie les autres, parle de « prodigieuse trahison ». Kichelieu leur jette à tous un os à ronger : l'envoi «l'une and)assad«' «'xtraoïdinaire, Kt, comme le «lue «le Savoie est h- plus bruyant, sinon 1<* plus «langereux, l'and^assadeur fait briller à ses yeux le titre «le roi. que le cardinal promet de (leman«ler à la Cour «le Honn'.
Finalement, «les divei-s alli«''s «le la France. l«'s plus mé«-onteiits restent les Anglais. Les andiassadeurs d'.Vngleterre avaient aj)pris à Paris la signature «lu traité «le Mon«;on. C était ])our eux un coup de tonnerre. Plus de guerre, plus «le conflit entre la France et l'Espagne. Aloi"S, à quoi bon l'alliance?
La politif[ue « pleine «l'industrie » «le Riclielieu i-enqioi'tait un autre succès. La Rochelle venait de se soumettre. Le 5 février 1620. elle s'était engagée à rétablir la forme «le gouverneuient «jui était la sienne eu 1610; elle recevait un commissaire du Roi: elle renon<îait à armer «les navires de guerre: elle restituait les biens ecclésiastiques, accordait aux catholiques la libeHé de conscience, démolissait le fort Tadon, qu'elle avait élevé pour sa défense. En revanche, le fort Louis, son éternelle inquiétude, «lemeurait et le Roi se contentait d'assurer que ce fort n'entraverait aucune «les libertés municipales.
(1) Voir Maximes d État et Fragments politiques, publiés par Gabriel Hanotaus. Api'KNdice, p. 815.