‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 27 sur 172 · ET IL APAISE LES KOCHEL\IS · texte numérisé non relu

ET IL APAISE LES KOCHEL\IS

Ln caivlinal avait roussi : il avait fait ses preuves; le Roi s'attaciiait à lui; ses advei'saires «'taieiit confondus de sa chance et de Ha force, soudainement u|ij)uyce sur un ivel concours do l'opiliion. Cependant le cardinal tenait hii-niênie son action '< en bride ", selon une de ses expressions familières. La double paix était faite. Il pesait à la fois les avantages et les inconvénients de cette paix ; La Kochelle. «piasi indépendante, serait toujours regardée par les yrands . «-ommc une citadelle à l'ondée de la((uelle ils pourraient ténioii.'^ner et faire valoir impunément leur mécontentement »: de même le parti dévot lui i-eppoclierait amèrement de n'avoir pas achevé une ruine «jui semblait si ai8<';e.

Mais le cardinal, rappelant ;t Louis XIII les fureuiN de la Liçue. lui sitL^nalait le dan^'ci* d une trop rii^^oureuse répi-ession : " Les zélés, levant les éjiaules avec un soupir entrecoupé, disaitil, feront plus de mal à la réputation des hommes avec lescrains de leur chapelet que les plus puissants monarques du monde avec les boulets de leuis canons à la vie d«' eeux qui y sont exposés (1). » Ce n'est pas ((u il crai>;ne la calomnie : - elle ne durera qu'un mois; le bon succès », obtenu " au dehors, l'étouffera incontinent >. Le saj^e ministre ne faisait pas la faute que devait lommettre deux siècles plus tard Napoléon, de s«« battre ,1 la fois en Ks]»agne et en Allemagne : ' Quiconque, disait-il ;♦ Louis XfIL entrepivnd deux i^rrandes guerres à la fois, se contie plus à son boidieur et à sa foiiune «(u'à sa conduite et à su prudence. •

Maintenant que ileiix traites avantageux avaient scellé la paix protestante et la paix espagnole, le cardinal allait s'etforcer de pei"sévérer dans la même politicjue. à éf^ale distance de l'uil et l'autre extrême. Ihi premier coup, il donnait la pivuve de cet admirabb' écpiilibre de l'esprit «pii était le trait niar4{uant de son yénie : > Il n'ignorait point, constatent ses Mémoires, que, faisant taire la paix avec les huî.'-uenots et leur téinoi;^nant quelqu» inclination à les favoriser aupivs du Uoi. il ne s'e.xposât à se mettre en mauvaise réputation à Rome. Mais il ne pouvait venii

i^t) Mémoires, t. V. p. iSi.

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