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Le maire Guiton.
Depuis le «léhiil du mois de mai, le maire de La Kochelle n'était plus ce Godcfroy qui, le 21 Juillet 1627, avait conjuré Soubise de se rembarquer. Chaque année, le dimanche de Quasimodo, on nommait un nouveau maire. Le raisonnable Godefroy avait pour successeur, en ce printemps 1628, un ]»etit homme farouche, impétueux, décidé à se l'aire obéir et sur d'être obéi le fameux Guiton, qui pei'soniiifîe, aux yeux de la postérité, la résistance de La Rochelle. Le jour de son élection, il aurait dit à ses compatriotes, en leur présentant un j)oi.iriiard : « Je serai maire, puisque vous le voulez, à condition (ju il me sera permis d'enfoncer ce poignard dans le sein du premier qui parlera de se rendre; je consens qu'on en use de même envers moi, dès que je proposerai de capituler, et je demande cpie ce poignard demeure tout exprès sur la table de la chambre où nous nous assemblons dans la maison de ville. » Nul contemporain, il faut le reconnaître, ne mentionnne ce mot « liistorique », et la table, <( historique » elle aussi, que l'on montre à l'hôtel de ville de La Rochelle, n'y était pas en 1628(1).
Dans l'attente de la flotte anglaise, Guiton grimpait souvent au clocher de l'église Saint-Barthélémy et, par delà les toits <le la ville, les tours du port, l'estacade flottante du cardinal, la
(1) F. de Vaux de Folelier, Le Siège de La Rochelle, p. 175.