BUCKINGHA3I S'EST DÉCIDÉ! IM
(ligue, les vaisseaux coulés, la palissade de pieux, il fouillait de SCS regards, anxieux et toujours déçus, l'inexorable horizon.
De nouveau la flotte anglaise.
Le 11 mai 1G28, le cardinal était logé à une dcnii-licue do la Cogne, non loin du quartier général de Hassoni])ierre. Il y l'cçut vers midi un exprès qui venait de Chef-de-Baie. Bassonipierre avait emmené visiter cette batterie M. de Sourdis, archevêque de Hordeaux, et quelques g'-ens de guerre qui avaient diné chez lui. Tout à coup, do l'autre côté du Pertuis l>rcton, au-dessus du tort de hi Prée, il avait aperçu le signal convenu entre ïoiras et Bassompierrc pour annoncer que la flotte anglaise doublait la pointe des Baleines, au nord-ouest de l'Ile de Ré : une fumée é])aisse précédée do trois coups de canon. Veis deux heui'os, lavant-garde britannique passait en vue de Saint-Martin.
Aussitôt averti, Richelieu a fait revenir Louis Xill sur la rive méridionale de la rade. Il accourt près de lui à Goreille, voulant voir de ses yeux l'arrivée de la flotte ennende. Tandis que (juiton et son ancien capitaine de pavillon, Chevallier ( 1 ] , juchés au sommet du clocher de Saint-Barthélémy, découvrent au loin les vaisseaux du roi d'Angleterre, qu'ils pi*ennent d'abord pour les vaisseaux du roi de France, le cardinal, installé à la pointe de Coroillo, peut compter les «■ unités » du roi Charles; quatre raml)Oi'ges, sept vaisseaux do cinq cents tonneaux, quarante et un plus petits (brûlots et transports), en tout cinquante-deux navires, s'avancent majestueusement « en ti*ois ordres ».
Le cardinal peut se féliciter des mesures qu'il a prises. Comme il a été sage de renvoyer à Brest les gros vaisseaux de l'amiral Mantin, aussi embarrassés pour évoluer dans la rade que les ramberges britanniques! Il n'a gardé que les « dragons » au faible tii'ant d'eau, capables de faire échouer les lourds vaisseaux emiemis. Le duc de Guise, humilié de conduire une flotte si petite, a remis ses pouvoirs à son maréchal de bataille, M. de
(1) Charles de La Roncière, Histoire de la Marine française, l. IV, p. 544.
*i»2 UNE FLOrrK l»EL' ACTIVE.
Valonçay. Lo cardinal ne s'en liouvr qiio mioux ajiKUi-*^ do la vittoii .
La flotte «lu roi <rAn^'letcrrf' avance toujoui'M; elle pasw pliiH près (lo Clief-do-Haic quo do Coroillo... Sou<laiu, dôchar^'o sur décliarf;o. C'ost HasHonipiorro «jui a donné h Cliof-dr-Haio l'oi-dnde tirer sur les vaishoauv d'avaiit-^'-anlo. Oinipianto voli'os dr canon tuent quelques marins anglais ou ho perdent dans les voil<- La flotte ennemie, alors (juo les Hocliolais avaient l»erc«'' Tantiràl lord Denbip^h du fol espoir do fraïK-hir la di^Mio. no tai'do pas à virer de bord, d'autant plus (juo le fort do Coroillo tiro aussi, que l'cBcadrc de Valençay vient de « sV'pauler >» au fort L<^>uis et à la palissade et que la difrue est toute garnie do soldats. Lord hoid)ipli juf.c<* prudent d'aller mouiller loin des canons fran<;ais, dans le l»crtuis d'Antiocho, face au oanal Ao La Uoohollo.
Ni le 12 ni le 13, il ne bouge. Les Hocliolais s'iiupiiotont de cette immobilité. Si les malboureux savaient qw les équipages se composent en partie de soldats qu'on a déguisés en marins, s'ils entendaient les propos de l'amiral, affirmant qu'il a mission d'escorter un convoi de vivres et non d'attaquer une dipue, ils s'inquiéteraient bien davantage. A la faveur de la nuit, une chaloupe se glisse dans le port. Elle apporte tout un courrier. Lord Denbigh écrit froidomont que, s'il ne trouve pas la voie libre, comme leurs députés lo lui ont promis, il repartira pour l'Angleterre. Des Rochelais, Bragneau et Gobert, arrivés avec la flotte anglaise, confirment par un décourageant commentaire la lettre de Denbigh; ils écrivent qu'il n'y a plus qu'à traiter avec le cardinal. Avis <lésespéré, que les membres du Conseil jurent de ne communiquer à personne, niais qu'ils suivront, la mort dans l'âme.
Us choisissent pour amorcer une sorte de négociation un ancien maire, M. de Laleu cpii, voulant quitter La Rochelle, a obtenu un passeport royal. M. de Laleu part clandestinement un matin, pendant le prêche. S'il ne réussit pas dans son ambassade, il doit revenir en rendre compte; s'il obtient des conditions médiocres, il enverra un parlementaire à La Rochelle avec im tambour; s'il en obtient de bonnes, il aura soin d'adjoindre au tambour un trompette.