‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 4)Chapitre 137 sur 157 · MISSION DE SCHOMBERG EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

MISSION DE SCHOMBERG EN ALLEMAGNE

troupes qu'il devait demander. Il en obtint presque partout, ou, du moins, des promesses (1).

Après avoir vu les princes électeurs, Schomberg devait se rendre en Autriche, où la France était représentée par un agent expérimenté, Baugy. Celui-ci suivait, avec un intérêt très intelligent, la grosse affaire de la succession qui s'ouvrirait à la mort de l'empereur Mathias qui n'avait pas d'enfans. On essayait d'écarter l'archiduc Ferdinand, et on réclamait vaguement les droits des descendants de Charles-Quint sur la Bohême et la Hongrie. Richelieu, tout en protestant du « respect religieux avec lequel le roi entretient l'alliance qu'il a avec l'Espagne », avait pris parti pour Ferdinand, et il écrivait à Schomberg : « Vous vous conduirez dans cette affaire secrètement et avec dextérité et en sorte, s'il y a moyen, comme je n'en doute pas, que vous rompiez les desseins des Espagnols et veniez à bout de ce que je souhaite pour le bien de la chrétienté. » Cette poUtique devait réussir pour des raisons que l'ambassadeur analyse avec soin dans sa correspondance. Les Espagnols eux-mêmes renoncèrent à leurs prétentions sur le royaume de Hongrie et de Bohême, et Baugy l'annonça par une dépêche du 5 mai, qui devait être ouverte par le remplaçant de l'évêque de Luçon (2).

Ce succès de la politique française eut, d'ailleurs, peu de suite. Car Ferdinand, élu roi de Bohême, en juin 1617, puis porté à la couronne impériale , retomba sous la coupe de ses premiers maîtres , les jésuites , et s' appuya exclusivement sur la maison d'Espagne.

(1) Voir toute la correspondance de Sciiombeug, conservée aux Affaires Étrangères, Allemagne (voL V, f° 274 et suiv.). — Voir, notamment, au f» 303 : " Articles de la capitulation faite, au nom du Roy, avec le sieur comte Rhingraff, etc.. fait à Francfort le 23' mars 1617 », etc.

(2) Outre la correspondance de ScnoMiîF.Ro déjà citée, voir toute celle de Baucv, conservée dans le môme volume (vol.V, fol.300 et suiv.). Notamment, leltredu 21 janvier 1617, de Baugy à Richelieu : « L'archiduc Maximilien est résolu de ne bouger d'auprès de l'Empereur jusqu'à ce qu'il ait parachevé la besogne qu'il a entreprise en faveur de l'archiduc Ferdinand, son cousin, lequel il veut porter à la succession de tout ce que possède Sa Majesté Impériale. 11 a eu jusqu'ici deux grandes oppositions, l'une des Espagnols, qui prétendent devoir ôtre préférés audit Ferdinand en celle du royaume de Hongrie et de Bohême qui leur servirait de degré pour parvenir à l'Empire, et l'autre du cardinal Clezel pour la crainte qu'il a de perdre sou autorité ou pour le désir d'en être lui-même le promoteur, afin que Ferdinand lui en ait l'obligation. » Lettre déchiffrée (f 313). — Cfr. Correspondance {t. I, p. 250, p. 507 et 508), et Fomenay-M\ueuil(p. 69).

Page 1