EMBARRAS DU CLERGE
pondit qu'il ne s'était encore présenté aucun article de cette sorte, depuis qu'on délibérait.
Le clergé tenta une autre démarche par l'intermédiaire de la noblesse; elle devait être et fut également infructueuse. Il revint alors directement à la charge, et ce fut l'un de ses plus éloquents prélats, Fenouillet, évoque de Montpellier, qui vint user, sur l'obstination du tiers, le fil de ses plus étincelantes métaphores. iMais il eut beau invoquer le « métal de Sparte » et « le temple de Salomon, » le « firmament » et « l'équinoxe, » les « furies » et les « flammes » , rien n'y fit. Le tiers restait immuable, aussi heureux de l'eCret de sa manœuvre que persuadé de son bon droit.
Le clergé ne savait plus à quel saint se vouer. Duperron , indisposé, s'abstenait de paraître aux séances. Tout le monde pourtant sentait qu'il était l'homme de la situation, que lui seul avait une autorité suffisante pour se faire écouter dans le tumulte soulevé par l'incident.
Au bout de quinze jours, l'ardeur des vœux qui se tournaient vers lui finit par l'émouvoir. 11 se rendit dans la chambre du clergé « qui l'attendait avec passion ». Il fut « supplié » d'agir et de parler au nom de son ordre. 11 s'excusa « avec une grande affection, humilité et soumission » et insista « avec une grande ferveur » pour qu'on eût égard à diverses considérations qui l'empêchaient d'intervenir. Mais Sourdis, avec sa franchise brutale, lui représenta « qu'il ne pouvait refuser cette action à la compagnie qui l'en conjurait avec tant d'importunité (1) ».
Ainsi poussé, il se laissa faire et, bientôt, on s'aperçut que cette longue retraite n'avait pas été oisive. C'était, pour le cardinal, une occasion unique de retrouver un de ces grands succès oratoires sur lesquels sa réputation s'était fondée et, cette fois, il ne s'agissait plus de religion seulement, mais de haute politique et des plus grandes affaires de l'État.
Il voulut s'assurer, tout d'abord, l'appui de la noblesse et, dès le lendemain, 31 décembre 1614, il se rendit, accompagné d'un cortège de trente ou quarante évêques , dans la chambre de cet ordre ; il y prononça, devant un auditoire enthousiaste, une longue
(1) Procès-verbal du clergé.