‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 16 sur 367 · LE NONCE DU PAPE · texte numérisé non relu

LE NONCE DU PAPE

Dans la lettre du 14 décembre 1639, où Louis XIII se plaignait des dames et de leurs cabales, on lit cette phrase : « Je crois qu'on peut attendre du nonce toutes les extravagances que peut faire un fou; s'il me fait parler de sa part, celui qui me parlera n'en sera pas bon marchand (1). » Ce diplomate se nommait Scoti. Il remplaçait le nonce Bolognetti et, manquement voulu aux usages, le Pape, avant de l'envoyer, n'avait informé de ses intentions ni le Roi ni l'ambassadeur de France. Urbain VIII ne pardonnait pas à Louis XIII d'avoir choisi pour représentant le maréchal d'Estrées, dont la raideur et le caractère altier lui étaient peu agréables et qui, naguère ambassadeur en Suisse sous le nom de marquis de Cœuvres, l'avait profondément froissé par un zèle extrême à défendre les intérêts de la politique française. Scoti était tout dévoué aux intérêts espagnols.

Non content de ces représailles diplomatiques, le Saint-Père refusait de dire une messe pour le cardinal de La Valette récemment décédé, il refusait de laisser la congrégation du Saint-Office célébrer, à la Minerve, un service funèbre pour le même cardinal, qui avait été l'un des membres de cette congrégation; il refusait d'accorder à Mazarin le chapeau demandé par le Roi. A ces griefs s'en ajoutaient d'autres plus graves, d'abord cinq esclaves turcs échappés de l'ambassade d'Espagne, réfugiés au couvent des Minimes français de la Trinité du Mont qui avait le droit d'asile et... enlevés de force par trois cents soldats du Pape, qui les avaient mis en lieu sûr. Autre affront pour l'ambassadeur de France : un certain

(1) Archives des Affaires étrangères, Lettres de Louis XIII à Richelieu.

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