‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 184 sur 367 · SAGESSE INSIGNE DU PAPE · texte numérisé non relu

SAGESSE INSIGNE DU PAPE

qui concerne la question des alliances, soit en ce qui concerne les précautions prises sur les frontières et dans les régions voisines des frontières? Et quelle sera l'attitude de Richelieu à l'égard de la position prise par Rome?

Le Pape avant tout veut la paix. Il voudrait, à tout prix, empêcher la guerre. Il a pris d'abord, et avec une résolution inébranlable, le parti arrêté d'une absolue neutralité. Assurément, il déplore les alliances protestantes, il s'efforce de les rompre en y mettant toute l'adresse et le savoir-faire de ses nonces-diplomates, toute la fermeté de leurs instructions. Mais, par une sagesse insigne et dont les suites seront des plus heureuses, il refuse énergiquement de se plier aux exigences des partisans de l'Espagne et de l'Empire, il se rit des violences du Borgia et de la cabale espagnole, il refuse de se déclarer contre la France; il refuse de s'allier aux ennemis de la France; il refuse de brandir les armes spirituelles contre le roi de France et son ministre, selon qu'on prétend l'exiger de lui et de les frapper d'excommunication; si bien que nous assistons à ce fait bien extraordinaire (mais qui n'est pas absolument isolé dans l'histoire du Saint-Siège) que le Pape est accusé violemment, par des catholiques, de complicité avec la cause protestante, peu s'en faut d'hérésie. L'ambassadeur d'Espagne à Rome, ce Borgia, l'insulte en plein consistoire : « Parce que le Pape entend sauvegarder son indépendance et celle des autres princes de la péninsule, parce qu'il refuse d'être l'exécuteur docile des volontés du Habsbourg, dans la guerre d'Allemagne, il est toujours soupçonné d'être favorable à la France, il est accusé de préparer, de concert avec Louis XIII, la ruine de la maison d'Autriche... les agents de Philippe IV sont persuadés que le Pape a préparé avec le roi de France une attaque contre le royaume de Naples, etc. » Cette pression tantôt doucereuse, et, en quelque sorte suppliante, tantôt violente et quasi injurieuse, ne cesse de s'exercer sur le Pape et elle se sert de tous les moyens. Elle n'est jamais plus instante qu'à la veille de la guerre. « Le nouveau traité d'alliance que Louis XIII a passé avec les Provinces- Unies le 15 avril 1634, la part que ce prince a prise, en 1632, dans la conspiration des gentilshommes belges, fournissent à Philippe IV autant d'arguments pour le convier à se déclarer contre la France.

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