‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 24 sur 367 · RICHELIEU ET L'INTÉRÊT DE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

RICHELIEU ET L'INTÉRÊT DE L'ÉTAT

couché chez ledit chevaHer du Guet. S'il y a lieu d'arrêter quelqu'un, il ne le doit pas faire proche du logis dudit Sieur Nonce, mais dans le retour de la rue de la Harpe ou de Saint- Jacques, afin que le bruit n'en aille pas, dès le soir, jusqu'au logis dudit Sieur Nonce (1). » En attendant, Richelieu se plaignait au cardinal Bagny de la conduite de M. Scoti, qu'il jugeait peu considérée et trop violente : « Je veux croire que ce bon prélat a beaucoup de zèle, mais certainement il connaît si mal la France et défère si peu aux bonnes instructions que vous lui avez données, qu'assurément il lui sera plus préjudiciable qu'utile, s'il ne se modère. » Et, repoussant avec dédain les imputations relatives au généralat de Citeaux, le ministre déclarait : « Je ne considère point, comme vous pouvez croire, ce qu'il lui plaît de dire à mon désavantage, tant parce que, quand il pourroit me porter préjudice, je l'oublierois de bon cœur pour l'amour de Dieu, que parce qu'étant comme je suis dans le monde, on sait bien qu'il n'y a point d'intérêt particuher, quelque grand qu'il puisse être, qui soit capable de me faire passer par dessus le moindre de l'État (2). » Noble langage qu'il devait avoir à la bouche jusque sur son lit de mort.

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VI, pages 650 et 651-652, note.

(2) Ibidem, page 645, note.

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