FUTURS ACCOMPLISSEMENTS
parisienne par excellence et vraiment française, du cardinal. Il savait ce qu'il faisait : car la ville, le peuple vont bientôt s'emparer de ces jardins, de ce terrain, et s'y installer pour y vivre leur vie, la vie des foules.
Tournons les yeux vers les futurs accomplissements.
Le peuple de Paris sera désormais, dans les jardins du Roi, chez lui. Le Paris de la bourgeoisie et du luxe, qui arrive au pouvoir, prendra là ses ébats. De Molière à Beaumarchais les détenteurs du génie français en belle humeur s'y succéderont. Les nourrices y élèveront les enfants, et les gardes du Roi garderont les nourrices et Guignol. Avec la bourgeoisie, le peuple.
Et il arrivera, un jour, que Camille Desmoulins, montera sur une chaise et arrachera à la charmille, la feuille de la liberté. Une France achevée de la main du ministre voudra être une France maîtresse de ses destinées. Une France assez imprudente pour courir au-devant des catastrophes, en rompant avec la vieille monarchie qui l'avait élevée sur ses genoux.
Et une autre destinée s'accomplira ici encore. Revenons à l'acte de donation, le cardinal a stipulé, en des termes d'une netteté frappante, que le palais pouvait, à la rigueur, servir de « logement » à l'héritier de la Couronne, mais à nul autre.
Ces mots visent, sans doute possible, les branches cadettes. Gaston de France, duc d'Orléans, ne fut-il pas l'adversaire le plus dangereux non seulement de son ministère, msis du pouvoir royal, jusqu'à s'allier à l'étranger! Or qu'a donc défendu, maintenu, au péril de sa vie le clairvoyant ministre? Après l'unification de l'Empire, l'unité dans le gouvernement, dans la famille royale, la succession de l'aîné, de l'aîné du mâle fils des mâles, en un mot, la loi fondamentale, la loi salique.
L'entreprise constante des branches cadettes pour arracher la Couronne à l'héritier légitime avait été au cours de l'histoire, le péril séculaire auquel avaient été exposés le Roi et la paix publique. Là était l'origine des plus grands malheurs qui avaient frappé la France, la guerre de Cent ans, les guerres des princes, la Ligue, etc.. Le cardinal le savait par tradition et par expérience. Et c'est pourquoi l'homme clairvoyant écrivait dans son testament :