‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 309 sur 367 · COMME PLUS TARD LOUIS XIV · texte numérisé non relu

COMME PLUS TARD LOUIS XIV

aïeux que la volonté réfléchie du ministre se tourna pour l'accroître et y bâtir selon les projets du père, mais en tenant compte de la situation acquise par le fils. La fidélité ancestrale et la fierté personnelle lui inspiraient donc l'idée d'une construction imposante et unique; aux architectes, qu'il faisait venir à Paris, il traçait cette ligne de conduite : respecter dans la maison, les appartements qui avaient été ceux de son père et de sa mère. Aux visiteurs on montrait plus tard, « la chambre où le cardinal était né », alors qu'il était né à Paris; mais, restant attaché à ses origines poitevines, il consacrait la fidélité des siens jusqu'à la hauteur d'un service royal.

Chose curieuse, le sentiment filial qui animait Richelieu, nous le retrouverons, plus tard, chez Louis XIV, quand ayant décidé de bâtir le château de Versailles, il ordonna, lui aussi, que l'on conservât le modeste pavillon de chasse de Louis XI IL De telle sorte qu'à Versailles, comme à Richelieu, les dispositions des architectes se trouvèrent dominées en quelque sorte, par une même volonté pieuse. Mademoiselle de Montpensier, la grande Mademoiselle, — qui visita Richelieu peu après la mort du cardinal, — se fait l'écho d'une opinion répandue, quand elle écrit: «C'est une chose inconcevable que les appartements répondent si mal dans ce château pour leur grandeur à la beauté du dehors. J'appris que cela venoit de ce que le cardinal avoit voulu que l'on conservât la chambre où il était né. »

En fait le plan n'avait pas été conçu d'abord, dans toute sa magnificence. La correspondance du cardinal démontre qu'il était loin, au début, de penser à l'érection de Richelieu en duché-pairie et qu'il se refusa même, pendant trois ans environ, à faire la moindre démarche à ce sujet (1).

En 1631 seulement, il accepta la faveur qui lui imposait des honneurs et des devoirs nouveaux. Sa correspondance avec Sourdis, archevêque de Bordeaux, qui fut l'agent principal de sa pensée en ce qui concerne le château, la ville de Richelieu et la duchépairie, prouve que le souci de veiller à la sécurité dans ces provinces

(1) Yoir A\enc\, I cttres du Cardinal de Richelieu, tome 111, page 101.

Page 1