IMPUDEUR DE L'ART ANTIQUE
Au Concile de Trente, la religion catholique et romaine avait dû livrer à nouveau, le combat des « images ». Le protestantisme étant cruellement iconoclaste, les Pères de l'Église s'étaient prononcés, avec une autorité consciente, pour la défense héroïque de Tart, et ils avaient admis que la vision de ces images devant lesquelles s'était inclinée, au moyen âge, la prière de la mère de Jeanne d'Arc et de la mère de François Villon, devait toujours illuminer les âmes simples.
Mais en se prononçant ainsi, l'Éghse avait eu à se dégager, jusqu'à un certain point, de l'humanisme. Le Concile avait dénoncé l'impudeur de l'art antique et de ses disciples dans l'art moderne. Au milieu des clameurs, il avait fait voiler les détails libres du Jugement dernier de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine. En un mot l'autorité ecclésiastique avait jeté un regard soupçonneux sur cet asile de la liberté, l'art.
Il n'était nullement dans les intentions du cardinal de Richelieu de se dérober à cette loi restrictive dictée par Rome, mais comment sa préoccupation de l'art national n'eût-elie pas trouvé quelque embarras à l'appliquer? Romain à Rome, il ne pouvait pas ne pas être gallican en France. Dans laquelle des deux voies devait-il engager la France et la Royauté française? Tel fut le délicat problème qui se posa devant son esprit et devant celui des hommes qui avaient les yeux tournés vers lui. Richelieu en porta, plus que nul autre, le souci et la peine.
Considérons d'abord, avec lui, le premier des arts décoratifs, la sculpture.
Ukomo faber est né sculpteur. Dès qu'il eut trouvé l'abri d'une caverne, il y grava son image et la représentation de la nature. Rien de plus beau et de plus exemplaire que l'application de cet être nu, au mufïle mal équarri, quand il s'acharne à la taille du silex, cette taille qui saura maîtriser, un jour, le marbre de Phidias.
Il y a quelque chose de non moins admirable, c'est l'effort du moyen âge pour surmonter la plastique léguée par Phidias, pour l'humaniser par l'émotion et la sensibilité de la leçon évangélique. La sculpture s'adaptait aux besoins de l'âme, mais une difficulté se présenta : l'antiquité, découverte par l'humanisme, avait