PERPÉTUEL SOUCI DE LA BEAUTÉ
Sur le reste exquis de Vantique sculpture. (Molière.)
La sculpture.
Un esprit constructeur, comme était celui du cardinal de Richelieu, ne pouvait s'en tenir à la considération d'un seul art, l'architecture, — fut-ce l'architecture religieuse, politique et sociale. De nature, il voulait planer, dominer, combiner, prévoir, élever, ajuster, pour que le règne de son Roi fût, même dans les choses matérielles, celui du juste.
Le ministre cardinal voulait une France riche et noble, conformément à son double héritage, latin et gaulois : il la voulait telle en raison de son acquis et par un nouvel élan vers l'avenir. Nous avons vu comment sa politique assurait au pays le plein de son unité et la puissance d'un nouveau développement; comment il modela les facultés de propagande et d'expansion du peuple français par la langue, les lettres, la publicité. Il avait des clartés de tout, comme il avait des curiosités de tout. N'est-ce pas chose frappante qu'on ait pu affirmer son intention de faire paraître une étude sur les métaux?
Avec cette ambition universelle, il abondait en volontés, en activités, en labeurs, en fécondité. Rien ne l'arrêtait, pas même l'affaiblissement de ce corps épuisé qu'il traînait avec lui.
La beauté étant, comme la grandeur, son perpétuel souci, il convoquait à la fois tous les arts, spécialement les arts complémentaires de l'architecture, la sculpture, la peinture, la tapisserie, l'art des jardins, toutes ces créations délicates et fines qui, vous entourant, vous pressant de leur exigence délicieuse, vous captent et vous rendent l'existence supportable.
Pour lui et pour l'élite de son temps, c'était là autre chose qu'un goût satisfait et une joie de la vie, c'était un devoir accompli, non sans le risque de quelque péché.