LA CATALOGNE. LE PORTUGAL
En attendant la campagne.
Dans les premiers jours de l'année 1640, le prince Casimir, frère du roi de Pologne Ladislas, commençait à s'ennuyer fort au château de Vincennes. Il avait été arrêté, au mois de mai 1639, à Saint-Tropez, où il venait de débarquer et, le 25 août suivant, le cardinal l'avait ainsi recommandé à Chavigny : « Je ne crois pas qu'il y ait rien à faire en l' affaire du prince Casimir, qu'à représenter à son secrétaire, quand il vous parlera, le tort qu'il a eu de venir passer en France et en reconnaître la côte, allant servir en Espagne, et cependant le bien garder (1). » Richelieu avait ajouté le 30 : « Il y a ici un envoyé de Pologne qui s'en va trouver le Roi sur la détention du prince Casimir, lequel ne vous déplaira pas, étant assez gaillard de sa nature. Vous l'écouterez; ensuite, il lui faudra donner bona çerba et demeurer in deliberatis quant à la détention du prince Casimir (2). »
Trouvant que cet in deliberatis se prolongeait outre mesure, le roi de Pologne avait envoyé un ambassadeur extraordinaire pour hâter la délivrance du prisonnier. Elle lui fut accordée, mais le prince Casimir dut promettre de ne rien faire contre les intérêts de la France, tant que la guerre durerait, et le roi Ladislas dut assurer que, lors de la prochaine diète, lui-même, quelques sénateurs et l'assemblée tout entière garantiraient l'exécution de la promesse (3) : « Je suis bien aise que l'affaire du prince Casimir soit terminée, mandait Richelieu à Chavigny le 26 février 1640.
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VI, page 114.
(2) Ibidem, page 127.
(:{) Père Griffet, Histoire du Règne de Louis XIII, tome III, page 256.