‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 33 sur 367 · UN PRINCE DE POLOGNE FORT SATISFAIT · texte numérisé non relu

UN PRINCE DE POLOGNE FORT SATISFAIT

On ne sauroit à mon avis, s'exempter de le traiter. Soit qu'il demeure à l'hôtel des Ambassadeurs (rue de Tournon), soit qu'on le loge à l'hôtel de Schomberg, il faut faire les choses honorablement : s'il demeure à l'hôtel des Ambassadeurs, il est besoin de lui faire promptement bien meubler un appartement et le traiter par présents, ses officiers et ceux de l'ambassadeur étant suffisants pour le servir; s'il va à l'hôtel de Schomberg (rue deBussy), il faudra le traiter par les officiers du Roi, ce qui sera un peu plus incommode. Quand il partira d'ici, j'estime à propos que Sa Majesté lui donne une épée de trois ou quatre mille écus. Pour cet effet, Lopez en a une. Il y en a d'autres dans Paris (1). »

Avant de quitter le Royaume, le prince se rendit au château de Saint-Germain, où il dîna avec le Roi. Le Père Griffet observe à ce propos : « Monsieur ayant déclaré qu'il ne pouvait ni lui rendre la première visite ni lui donner la droite chez lui, parce que la couronne de Pologne est élective, Casimir aima mieux s'abstenir de l'aller voir que de renoncer à ses prétentions. Il eut plus de complaisance pour celles du cardinal, qui refusa de lui donner la droite chez lui, sans que ce prince parût s'en offenser, tant cet homme le portait haut^ dit le marquis de Montglat, et tant il était redouté des étrangers (2). » Quelques jours plus tard, Chavigny écrivait au baron d'Avaugour, qui s'en allait représenter le Roi en Pologne : « Toutes choses ont été ajustées avec M. l'Ambassadeur de Pologne Gosienski. Le prince Casimir et lui, sont partis pour retourner en Pologne. Le prince s'en va fort content du bon traitement qu'on lui a fait depuis qu'il est sorti du château de Vincennes. Il a été régalé de forts beaux présents et particulièrement d'un diamant de grand prix que le Roi tira de son doigt et lui donna (3). «Les instructions rédigées pour M. d'Avaugour montrent combien Richelieu craignait que le roi de Pologne ne subît l'influence de la maison d'Autriche; l'ambassadeur devait parler discrètement au Roi de l'entrevue que Sa Majesté Polonaise venait d'avoir « avec le prétendu Empereur »,

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VII, pages 812-813.

(2) Père Gridet, Histoire du Règne de Louis XIII, tome III, page 256.

(3) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VII, page 813, note.

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