LES ANTIQUES DE HICHELIEU
des Richelieu, ayant pour titre : Deslgni délie Statue^ busti, tQSte e vasi délie' Eminentissimo e reverendissimo Sig^^ Cardinal Duce di Richelieu. Et, après ce titre, se trouve, d'une écriture du xviii^ siècle, la mention suivante : Cesti designi mi semhrano fatti di Aiigel Maria Canini, pittor Roniano nella di lei gioventu. (Ea collectione P. J. Mariette) (1).
Ainsi se trouvent réunies les marques les plus certaines de l'authenticité; ajoutons, que sur chacun des dessins, une main qui, si elle n'est pas celle du cardinal, doit être celle de l'un de ses secrétaires, a inscrit le lieu où devaient être placés les statues, les bustes ou les autres morceaux, reliefs, vases, etc. : salon, escalier, galerie, cour, etc. Sur la feuille de garde, à la fin du volume, on lit de l'écriture du xviii^ siècle : « Avec ce feuillet, il y a cinquante bustes, précédés de quatre-vingt-dix-huit statues en pied. »
Eh bien! ces dessins d'une exactitude et d'une qualité exceptionnelles représentent les antiques achetés par le cardinal pour figurer parmi les collections qu'il réunissait dans ses maisons en particulier, dans son château de Richelieu et, à Paris, dans le Palais-Cardinal. Et ces mêmes pièces, en général excellentes, figurent dans les inventaires faits après la mort de Richelieu (2).
Le rapprochement entre les images de l'album et les relevés des inventaires et ceux des listes publiées par M. Bonnaiïé dans son livre Les Collections de Richelieu ne laissent aucun doute. Ce sont les représentations des collections du cardinal, telles que les achetaient pour lui, les agents sans nombre envoyés partout, en Italie, en Grèce, en France, en Hollande : témoignage sans prix pour l'histoire de l'art français.
Or ces collections d'une splendeur insigne, qui ont été dispersées, après la mort du ministre, dans des conditions qui ont
(1) Giovanni Angelo Canini né à Rome en 1621, mort en 1666. Fameux comme dessinateur de médailles et d'antiques. Peintre de Christine de Suède, etc. Il vint en France et on signale qu'à l'un de ses voyages, il présenta à Louis XIV un volume dans lequel il avait réuni des tètes d'hommes illustres et de divinités païennes, et que le jeune Roi le récompensa par le don d'un collier d'or. S'agit-il du présent album? Voir Hoefer Lanzi et Tecozzi.
(2) Ces inventaires ont été exhumés des archives de la famille et pul)lié.s par M. de Boislile dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome XLII, Paris, annéel882.