‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 334 sur 367 · POUSSIN PREMIER PEINTRE DU ROI · texte numérisé non relu

POUSSIN PREMIER PEINTRE DU ROI

Richelieu patron de la peinture française.

Mais Richelieu, dans tout cela?... Chose prodigieuse, on dirait qu'il a tout compris, tout deviné. Averti par quelques amateurs retour de Rome, se consultant avec M. de Noyers, qui avait un haut sentiment administratif de sa fonction de grand maître des bâtiments, il avait commandé à Nicolas Poussin divers tableaux pour l'ornement de son château de Richelieu; on dit quatre bacchanales, on parle aussi d'une commande des Quatre saisons, ce qui est tout à fait en conformité avec l'art déjà notoire du paysagiste.

Richelieu, Sublet de Noyers, Mazarin, tout le monde s'emploie à faire venir Poussin de Rome à Paris; d'autant plus que le bruit courait que les Espagnols entendaient l'y retenir. Nous avons dit comme cette volonté du cardinal se réalisa. Poussin eut quelque peine à se décider. Finalement il arriva à Paris au début de l'année

Le 20 mars, on lui adressa un brevet de premier peintre du Roi par lequel on lui donnait la haute main sur l'ornement et le décor de tous les bâtiments royaux. On le payait largement; on le logeait dans un pavillon royal au jardin des Tuileries; on lui laissait l'entière liberté de prendre toute commande, même des particuliers. En somme, on l'accablait d'honneurs et de satisfactions, sa correspondance l'établit. Richelieu, en particulier, lui commande pour 'hôtel de Richelieu de Paris, alors en construction, un Raidissement de Proserpine et un Hercule délivrant Diomède. Si certaines difficultés se produisirent entre Poussin, Lemercier et quelques autres, soit pour la décoration des Tuileries, soit pour des raisons variées et pas très belles, ni Richelieu ni le Roi ne s'en préoccupaient. On voulait garder Poussin à tout prix.

Mais il était rappelé par Rome, où il avait laissé sa famille, son atelier, sa maison, ses promenades, ses habitudes. Au bout de deux ans, il repartit pour la Ville éternelle, non sans esprit de retour; il écrivait môme, après la mort de Richelieu, après la mort du Roi et après la chute de Sublet de Noyers : « Vous savez que mon absence a été cause que quelques téméraires se sont imaginé que, puisque jusques à cette heure, je n'étois point re-

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