LA CONJURATION DE CINQ-MARS
La Cour à Lyon.
Le 4 novembre 1640, tandis que venait de se constituer en Angleterre ce Long Parlement, qui devait, moins de neuf ans plus tard, envoyer Charles I^'^ à l'échafaud, Louis XIII écrivait à Richelieu : « Pour les affaires d'Angleterre, je suis bien aise qu'elles aillent en empirant; pour le moins, ils n'auront pas le loisir de penser à nous (1). )) Richelieu, qui n'était pas étranger à ces troubles d'Angleterre, écrivait à son tour le 27 janvier 1642 : « La Reine d'Angleterre ne peut être secourue que par deux moyens, par sa bonne conduite et par la force. » Le cardinal ne croyait guère au premier, « le naturel des femmes les portant plutôt à suivre leurs humeurs que la raison ». Le second ne lui paraissait pas possible avant que l'on eût « mis l'Espagne si bas qu'elle ne pût s'opposer aux efforts qu'on feroit à cette fin; autrement... ceux qui s'en prévaudroient ne feroient autre chose que lier les ennemis du roi et de la reine d'Angleterre et ceux de la religion catholique aux Espagnols et à leurs partisans (2). »
Louis XIII, qui avait donné pour vice-roi à la Catalogne le maréchal de Brézé, était sur le point de s'acheminer vers le Roussillon avec son ministre, pour hâter la prise de Perpignan. Il appelait cette expédition « le fracas que nous prétendons faire dans l'Espagne (3) ». Bien qu'il assurât qu'il ne s'était jamais mieux porté depuis dix ans, de « mauvais bruits « couraient sur sa santé. Ces mauvais bruits allaient servir à M. le Grand pour entraîner dans
(1) Affaires étrangères, Lettres de ioaw A' III au Cardinal de Richelieu.
(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VI, pages 894-896.
(3) Comte de Boauchamp, Louis XIII d'après sa correspondance avec le Cardinal de Richelieu, page 'l'I'.i.