‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 130 sur 479 · LA GUERRE DES USCOQUES · texte numérisé non relu

LA GUERRE DES USCOQUES

rent de l'Empereur (1), Segna étant situé sur son territoire.Au cours de leur expédition, les troupes vénitiennes avaient ravagé les terres de l’archiduc. Les sujets de Ferdinand se vengèrent, et le sénat de Venise, sortant des bornes de sa prudence habituelle, se décida à entrer en guerre ouverte avec l’archiduc. En décembre 1615, le généralissime des forces vénitiennes, Pompeo Giustiniani, avait reçu l'ordre de mettre le siège devant la ville autrichienne de Gradisque. Pompeo passait pour un bon général, mais ses troupes étaient déplorables : « La lâcheté et la bonhomie de ses soldats que les prières, l'autorité, les menaces et les coups de leurs capitaines ne purent jamais déterminer à tenter l'escalade, firent échouer l’entreprise. » Quelques temps après, P. Giustiniani fut tué dans une reconnais sance. On lui éleva un tomheau magnifique et une statue équestre. Mais cela ne constituait pas une armée pour son successeur, Jean de Médicis (2). | |

Or, justement, Don Pedro de Tolède, ayant assumé le gouvernement du Milanaïs, menaçait de prendre Venise à revers. Les affaire de l'Espagne étaient étroitement jointes à celles de l'Autriche. Il pensait que l’occasion était excellente pour briser, d’un coup, la force de l’orgueilleuse République. Au même moment, deux autres Espagnols non moins redoutables, le vice-roi de Naples, le célèbre duc d’Ossuna, et l’ambassadeur du roi catholique près de la République, le marquis de Bedmar, méditaient aussi sa perte: Un vaste complot, sur les origines et la portée duquel le dernier mot n’est pas dit encore, était tramé au sein des armées de mer-

(1) On trouvera un bon exposé de l'affaire et un tableau de l'attitude respective des puissances, au sujet du conflit entre l’archiduc Ferdinand et les Vénitiens, dans LEVASSOR (t. I, p. 569). |

(2) Sur tous ces points voir Daru, Histoire de Venise (t. IV, p. 352). — L'appréciation sur les troupes vénitiennes est empruntée à la Correspondance de Léon et au Journal de son ambassade, conservés à la Bibliothèque Nationale. — J'avais, par erreur, donné au commandant des troupes italiennes le nom de Frangipani. Celui-ci commandait dans Segna, M. le marquis Luigi Frangipani a bien voulu me signaler cette confusion et me communiquer l'épitaphe inscrite sur le monument de Giustiniani : Pompeio Justi-. niano, patritio genuensi, prœcipuarum arcium in Belgio expugnatori, intrepida brachii obtruncatione apud Ostend. coeleber. Venetœæque R. P. cum armis imperio præf. gen. Ad natis inviclo flammicrepo marte confosso. MDCXVI. Armis el calamo bellatorib. conspicuo miratrici famæ servato post funus pub. staluam eq. et monumentum exs.c.

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