‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 157 sur 479 · MISSION DE DU TOUR EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

MISSION DE DU TOUR EN ANGLETERRE

bassadeur d'Angleterre « qu’il entendoit que le roi Jacques ne fit pas en France ce qu'il ne souffriroit pas que le roi de France fit en Angleterre, c’est-à-dire appuyer et soutenir des sujets révoltés » (1).

Le baron du Tour, que le roi d'Angleterre « aimoit très particulièrement pour avoir été ambassadeur près de lui lorsqu'il étoit roi d'Écosse » , sut dire les mêmes choses sur un ton plus doux et « lui insinuer dextrement en l'esprit que la confiance que le roi de France avoit en son amitié et alliance étoit telle qu'il espéroit que, bien loin de protéger des sujets rebelles contre leur souverain, le roi, au contraire, aideroit au besoin, par les armes, à les faire rentrer dans l’obéissance ». Moitié fermeté, moitié caresse, Jacques avait paru se laisser convaincre, et, le 27 mars 1617, Luçon pouvait écrire au duc de Guise « qu’il avoit de fort bonnes nouvelles d'Angleterre, et que le roi Jacques avoit assuré à M. le baron du Tour que, quoiqu'on dise qu'il assistoit couvertement ces messieurs les princes, il ne le feroit jamais (2) ».

En Hollande, l’envoyé de Richelieu rencontra de plus sérieuses difficultés. Les États entretenaient avec la cour de France une alliance ombrageuse, toujours inquiète des relations de cette cour avec l'Espagne. L'accomplissement des mariages leur avait été, selon notre ambassadeur, « grandement formidable ». Ils n’avaient pas pardonné au gouvernement de Marie de Médicis, et, dans leur réserve taciturne, on sentait qu'ils ne lui pardonneraient jamais. Bouillon était, d’ailleurs, pour eux, un vieil allié, confident de tous les déboires et de tous les soupçons (3). D'autre part, un politicien retors, ancien représentant des États en France, Aersens, soufflait sur le feu (4), tout en discutant, avec des ar-

(1) Ambass. Vénil. (vol. 1770, fo 19%). — Cfr. Bircu, An Historial View of the Negotiation between the courts of England, France, and Brussel, from the Year 1592 {o 1617, extracted from the Ms State-Papers of Sir Ta. EbmoNpes ; Londres 1749, in-89 (p. 397).

(2) Correspondance (t. I, p. 452).

(3) Voir au fonds Godefroy, vol. CCLXVIIT (tome IT, pièce 93) : Lettre du duc de Bouillon aux Etats de la province de Gucldre, 10 avril 1617. Demande de secours contre le maréchal d'Ancre; — p. 94: idem aux États de la province d'Over-Yssel.

(4) Sur Aersens, voir la note de M. AVENEL (t. [. p. 270, ett. VII, p. 334 et 920), l’ouvrage de M. Ouvré sur Aubery du Maurier, et l'Histoire des Provinces-Unies de JEAN LecLerc, 2° édition, in fo (t. I, p. 317).

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