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RICHELIEU DANS SON DIOCÈSE

Du mois d'avril 1617, date de l'assassinat du maréchal d’Ancre, au mois d'avril 162%, époque à laquelle Richelieu rentra au ministère, 11 s'écoula sept années. Sept ans, c'est un long morceau de la vie humaine. Sept ans de disgrâce, c’est une longue épreuve pour un ambitieux.

Ambitieux, Richelieu l'était. Mais, comme il Le dit lui-même, d'un joli mot de cavalier, « son ambition n'était pas telle qu'il ne lui tint la bride en main ». L’évêque sort de la jeunesse, et s'avance vers la maturité. Il y a encore, dans son désir du pouvoir, quelque chose d’ardent et de passionné. Cependant, la gravité des problèmes de la vie l’émeut plus profondément, et la force qui le pousse n'est pas seulement l'appétit des honneurs, de la fortune et des hauts emplois.

Les circonstances qui préparent de loin et par une série d’efforts séculaires de telles existences, leur impriment d'avance un caractère exceptionnel. Ces grands hommes ont une conformation particulière. Ils montent naturellement, comme les aigles, vers les régions supérieures où la vue est plus étendue et où l’on est seul. S'ils n’y allaient pas, 1ls auraient la nostalgie des espaces non parcourus, avec la lassitude des facultés non employées. La vie leur serait inutile et insupportable.

D'ailleurs, 1ls ne vont pas là-haut de leur seul mouvement. Tout le monde Les pousse. De la foule, une exhortation incessante s’élève vers ceux qui sont aptes à diriger les autres. Sous la discipline formelle de la société, il y a une discipline intime qui

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