‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 241 sur 479 · LA GUERRE CIVILE · texte numérisé non relu

LA GUERRE CIVILE

Du traité d'Angoulême à la bataille des Ponts-de-Cé (1619-1620) (1).

Autant qu'il est donné aux esprits du commun de pénétrer dans le secret de ces intelligences supérieures qui vont si loin et qui se couvrent si soigneusement, on peutessayer de s’imaginer le tumulte des pensées et des émotions qui agitaient l’âme de Richelieu, au fur et à mesure que, sur l’ordre exprès du Roï, il s'éloignait d'Avignon et s’approchait d'Angoulème. L'heure était unique dans sa vie. Pris du frisson de joie et d'angoisse que donne la victoire prochaine, il était cependant plein d'activité, plein d’entrain et, avec la fièvre de l’action, d’une lucidité merveilleuse.

IL allait revoir la Reine! Au premier regard, les yeux dans les yeux, sa fascination s'exercerait, il le savait, 1l connaissait son pouvoir... Mais il y avait l'entourage, ignorant encore la décision prise par le Roi et où la survenue de l’évêque allait jeter un beau désarroi. IL y avait surtout le parti politique auquel Marie de Médicis s'était livrée en se confiant à d’Épernon : les Grands, les protestants, en un mot les adversaires du pouvoir royal. Or, Richelieu, tout en jouant le jeu de la Reine, qui plus que jamais

(1) Pour toute cette partie de mon récit, je dois beaucoup à la communication obligeante qu'a bien voulu me faire M. PaAviE, ancien magistrat à Angers, des épreuves de son très érudit ouvrage, paru depuis : {a Guerre entre Louis XIII et Marie de Médicis (1619-1620).

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