‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 267 sur 479 · LA RÉINE S'INSTALLE A ANGERS · texte numérisé non relu

LA RÉINE S'INSTALLE A ANGERS

retournait dans son diocèse (1). Chacun rentrait chez sol, à la vive satisfaction de tous et de chacun. |

En quittant Loches, Marie de Médicis passait par Chinon. Ce détour n’était pas une simple promenade. Peut-être était-elle attirée dans ces parages par le voisinage du château de son cher Richelieu; mais sûrement, elle n’était pas fâchée de donner à la cour quelque tablature en s’approchant de Loudun. En effet, ies protestants y tenaient alors une assemblée où commencçaient à percer les premiers germes de leur prochaine rébellion. De part et d'autre, on se cherchait, comme d’instinct, sans en venir pourtant à l'entente déclarée.

Dans le même esprit, la reine fit en sorte d'assurer à son entrée à Angers le caractère d’une manifestation imposante et quelque peu menaçante. Elle y arriva par les Ponts-de-Cé, le 16 octobre 1619. Dix mille hommes en armes, dont huit cents gentilshommes à cheval, ayant à leur tête le gouverneur sortant Boisdauphin et le nouveau gouverneur La Porte, s’avancèrent audevant d'elle, et la recurent avec une immense acclamation. La municipalité, qui lui était dévouée, avait aménagé pour elle une résidence magnifique et affecté à son usage l’un des plus beaux hôtels de la ville, le « Logis Barrault », dont le cloitre, soutenu par un portique en anse de panier, les tourelles minces, les escaliers à vis et les pignons fleuris exprimaient, dans l'éclat de leur construction récente, tout le charme de la vie que l’on menait alors dans ces heureuses contrées. C’est dans les salles . longues et surbaissées, sous les poutrelles de cette jolie demeure,

(1) Le saint évêque s'était rendu auprès de la reine mère à Angoulême où il passa dix jours au plus fort des négociations qui suivirent l'évasion, après avoir vécu plusieurs mois à la cour de France. 11 avait été chargé, par Charles-Emmanuel, d’accompagner le cardinal de Savoie envoyé pour demander Marie-Christine de France pour le prince de Piémont. Saint François de Sales fut, à cette date, en rapport avec Richelieu,

auquel il fit plus d’une pressante exhortation couronnée d'un certain succès, puisque celui-ci promit de se consacrer désormais tout entier à son diocèse et à la piété (oclobre 1619). — Voyez la lettre inédite de saint François de SaLes, citée par Dom Mackry dans le tome I (p. Lv) de l'édition des Œuvres de saint Francois de SaLes, publiée chez

Lecoffre : « J'appris à connaître tout plein de prélats et particulièrement M. l'évéque de Lusson qui me jura toute amitié et me dit qu'enfin il se rangerait à mon parti pour ne plus penser qu'à Dieu et au salut des âmes. » — Je dois cette note à la bienveillance amicale du baron de Mohrenheim.

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