‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 266 sur 479 · SAINT FRANÇOIS DE SALES · texte numérisé non relu

SAINT FRANÇOIS DE SALES

style singulièrement pénible : « Vous n'attendez pas, écrivait l’évèque de Luçon à l'archevêque de Toulouse, de paroles de moi qui vous témoignent mon affection: aussi n ’entreprends-je pas de vous en donner, les meilleurs effets n'étant pas trop bons pour cela. Mon malheur est que, si je remets à vous la faire voir par ces moyens, vous serez longtemps sans la connaître, étant, quoique bon catholique, inutile à tout bien comme les Huguenots, etc. » Quel pathos!

La Valette, dont les réponses sont claires, simples et affectueuses, prenait-il ces déclarations pour argent comptant? Je ne sais. En tout cas, le vieux d'Épernon ne s’y trompait pas, et, à

quelque temps de là, il écrivait à son fils, en son gascon : « Mon.

boun et cher fils, je vous fes ses mots pour vous dire que je souis en peine de savouer de vos nouvelles... Quant à la Royne-Mère, il y fant vivre de la sorte qu'elle n’aye nul subject de se plaindre de nous... Je scay que M. de Lusson vous traverse autant qu'il peut, quelque bonne mine qu'il face, ny quelques bonnes paroles

qu’il vous donne; non que je sois d'avis que vous viviez avec luy

que comme vous avez accoutumé ; mais, que vous parliez à M. de Luynes pour éviter les inconvéniens, vous pouvez, à mon opinion (1). »

On le voit, la Cour n'était qu'intrigue. Les positions changeaient du soir au matin. Selon le mot de saint Francois de Sales, tombant,

de ses Alpes candides, dans cet étrange lieu : « C’est un amas de

guëpes acharnées sur un corps mort », et il ajoute que, s'il se sert de ces expressions, « c'est pour en parler honnêtement ». Richelieu, ne se sentant pas le maître à Tours, ne s’y plaisait pas. Tout le monde était las de ce séjour prolongé. Enfin, on le rompit et le Roi reprit le chemin de Paris par Amboise, tandis que la reine prenait celui d'Angers par Loches et que Richelieu cédant, parait-il, aux conseils de saint Francois de Sales,

(1) Le jeu très intéressant de l'évêque de Lucon avec les d'Épernon et avec La Valette, archevêque de Toulouse, est bien clair d'après les correspondances échangées et qui sont aux Affaires Étrangères, vol. 762, fo‘ 140-153-163-166. — Les lettres de Richelieu et du duc d'Épernon citées au texte sont conservées dans les Archives de la famille de Richelieu (t.1, f73-85).— Cfr. Correspondance (t. I, p. 618, et t. VIN, p. 20). Toutes les dates sont confondues et difficiles à préciser.

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