‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 279 sur 479 · RICHELIEU SOMME · texte numérisé non relu

RICHELIEU SOMME

lui imputeroit tout, sachant bien la créance que la Reine à en Jui (1). »

L'’évêque doit être satisfait, en lisant cette instruction, que le due de Monthazon, par une naïveté de commande, lui communique. Enfin, on en parlait, de ce chapeau tant convoité. L’allusion est claire. Cependant, avec des gens comme Luvnes, les paroles ne suffisent pas. IL faut quelque chose de plus positif. Et l'évêque pousse sa pointe : « Je ne lui fis autre réponse sinon que j'étois assuré qu’en servant la Reine, Je ne mériterois jamais que la louange qui est due à ceux qui font leur devoir; que je ne savois pas si je pourrois me garantir du mal, en bien faisant; mais que je le pouvois assurer que ces menaces ne me feroient aucune peur et ne produiroient autre effet en moi que de me redoubler le courage de bien faire. »

Luynes, cette fois, est au bout de ses moyens. Il l'écrit Iuimême dans un langage vulgaire où sa passion perce à chaque ligne : « Je n’ai plus rien à vous mander; vous avez le fond de mon sac par M. de Blaimville; apportez ce que vous pouvez et devez pour l’accommodement de cette affaire, et que le Diable emporte ceux ou celui qui n’y fera pas ses efforts... Quittons tout prétexte, puisque nos cœurs et nos desseins sont d'égale façon; j'engage ma vie pour cette vérité... le Roila confirme; fout dépend de vous; car, pour la Reine, nous sommes trop assurés de ses bonnes et saintes intentions, pourvu que ces vérités aillent à ses oreilles. Nous avons, Jusqu'à cette heure, eru de vous ce que l’on doit d'un homme debien. » On avait déjà rappelé à l’évêque qu’on l'avait tiré d'Avignon pour rendre ce genre de services. Rien ne pouvait être plus blessant qu’un tel langage (2).

Aussi, il ne sort plus de son froid mutisme. À bout de ressources, Luynes en vient aux dernières plaintes : « Si nous pensions, en envoyant la châsse de sainte Geneviève, pouvoir vous toucher le cœur, nous le ferions, tant nous désirons la paix... Pour moi, après avoir fait ce que j ai fait, j'en suis quitte devant

(1) Correspondance (t. VII, p. 481). — Cfr. lettre de Luynes à Richelieu de mai 1620, dans Affaires Étrangères, (vol. 773, f° 50). (2) Correspondance (t. VII, p. 143 et suiv.).

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