‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 290 sur 479 · ÉNERGIE DU ROI · texte numérisé non relu

ÉNERGIE DU ROI

Le Roi n'avait qu à marcher. Tous les vœux l’accompagnaient dans sa brave et généreuse entreprise. On recueillit encore, de lui, un mot qui se répandit rapidement et qui inspira confiance à tous. Au moment où il sortait du Conseil, le sieur de Raullet, grand prévôt de Normandie, se présente à lui, et lui dit qu'il ne devait

point aller en ladite province, qu'il n'y trouverait que la révolte

et le déplaisir. Le Roi lui répondit : « Vous n'êtes pas de mon conseil. J'en ai pris un plus généreux. Sachez que, quand les chemins seroient tous pavés d'armes, je passerois sur le ventre de tous mes ennemis, puisque je n'ai offensé personne. Vous aurez le plaisir de le voir. Et vous vous en réjouirez; car je sais que vous avez bien servi le feu roi mon père. »

Tout cela avait bonne allure; les actes suivirent les paroles. Le 7 juillet, trois jours après la décision prise, à cinq heures trois quarts du matin, le Roi montait en carrosse et partait pour Rouen. IL avait avec lui son frère, Gaston, et le prince de Condé; tout autour, quatre cents hommes de sa garde; en arrière, une petite armée improvisée, comptant, tout au plus six mille hommes, que commandaient les maréchaux de Schomberg, de Praslin et de Créqui. Le temps était pluvieux. A deux heures, on était à Pontoise.

Le 8 au matin, les fourriers du Roi entrèrent tranquillement dans Rouen, pour marquer les logis. Cela se fit sans la moindre difficulté. Le duc de Longueville, qui avait fomenté la révolte, et qui avait introduit quelques centaines d’hommes dans la ville pour résister au besoin, fit venir les fourriers. Il leur demanda si le Roi arrivait réellement; quand ils eurent dit qu'il serait, le lendemain, à Rouen, il déclara qu'il n'avait, donc, qu’à lui céder la place. Il s'enfuit piteusement et tous les chefs de la conspiration, Bourgtheroulde, Saint-Aubin et autres, disparurent en même temps.

campägne, voir Mercure françois. — La déclaration contre ceux qui assistent la Reine, mère du Roi, datée du 28 juillet 1620, est aux Affaires Étrangères (vol. 773, fo 73). — Voir aussi la lettre du Nonce du Pape à la reine mère pour l’exhorter à la paix, dans Mercure françois (t. VI, p. 271). — Cfr. « Discours de M. le Chancelier au parlement. en la présence du Roi avant que S. M. s’en allàät à Rouen », Affaires Étrangères (vol 773, f° 80).

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