‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 31 sur 479 · RICHELIEU, ORATEUR DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

RICHELIEU, ORATEUR DU CLERGÉ

d'ailleurs, se perdaient en de vaines discordes et dans l’inutile aigreur des récriminations réciproques. Les passions s'échauffaient; les discussions dégénéraient en violences. Condé avait voulu forcer la porte des États, et ne s'était arrêté que devant un ordre formel de la reine. Un député de la noblesse du Haut-Limousin, M. de Bonneval, ayant rencontré un député du tiers, M. de Chavailles, l'avait insulté et frappé à coups de canne. Enfin, un gentilhomme appartenant à la reine, Marsillac, avait été assassiné, la nuit, par des affidés de M. le prince, conduits par un de ses gentilhommes,

Rochefort. |

La cour somma les députés d’en finir et de remettre leurs cahiers. Ils commencçaient à avoir le sentiment de leur impuissance; le séjour de Paris était coûteux pour eux, pour leurs provinces. Certains, comme Miron, président du tiers, s'étaient laissé gagner et poussaientadroitement l’ordre dans le sens des désirs de la régente.

La séance de clôture fut fixée au 23 février. Dans cette séance les ordres, réunis pour la seconde fois depuis l'ouverture des États en assemblée plénière, devaient remettre leurs cahiers et: adresser publiquement la parole au roi et à ses représentants. On comprend tout l'intérêt de cette cérémonie, l'éclat qui devait rejaillir de la solennité sur les orateurs chargés de prendre la parole, au nom de chacun des trois États, mais aussi tout le soin que la cour devait apporter à ne pas laisser désigner des orateurs hostiles, excessifs ou maladroits : ilne fallait pas faire naufrage au port.

Nous savons que la reine régente eut une influence directe sur le choix de chacun des trois orateurs, et c’est ainsi que, dans sa séance du 2% janvier, l’ordre du clergé, dûment prévenu et stylé, « pria Mf l’évêque de Luçon de prendre le soin et la peine de présenter le cahier et de faire la remontrance accoutumée » : lequel, après s'être excusé avec une bonne grâce modeste, prié de rechef par la compagnie, « a dit qu'il lui rendrait obéissance ». Un mois après, dans la séance du 93 février, il demanda à la chambre « de vouloir bien lui indiquer les sujets et points principaux sur lesquels elle trouverait bon qu'il s'étendit le plus ». Ces points furent « agréés et résolus ». D’ail-

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