CANDIDATURE DE FERDINAND
ceux du nouveau roi de Bohème, étaient maitres de l'élection. Que faire? Les chefs du mouvement n'hésitèrent pas. Avant tout, il fallait empêcher le scrutin ou, du moins, l’entacher de nullité. A tout prix, il fallait enlever à Ferdinand la voix qui ferait de lui un empereur. La Diète de Bohème se réunit donc, à Prague, au mois de juillet 1619. Puisqu’il le fallait, on irait jusqu'au bout. Ferdinand fut déposé le 17 août, et on fixa la date de l’élection d'un nouveau roi au 26 août suivant.
Il était déjà bien tard. En effet, les électeurs impériaux étaient réunis à Francfort, depuis le 28 juillet, l'élection à l’Empire devant avoir lieu le 28 août. Le 28 août, Ferdinand votait pour lui-même, en qualité de roi de Bohème, et il obtenait, dans des conditions qu’il faut rappeler maintenant, l'unanimité des suffrages.
Les trois électeurs ecclésiastiques, en tant que catholiques, lui étaient naturellement acquis. Mais les trois électeurs laïques étaient protestants. Comment se décidèrent-ils à donner leur voix au chef avéré de la cause catholique en Allemagne (1)?
Quelle que fût l’ardeur de leurs ambitions, les chefs de la cause protestante avaient compris qu'il n’était pas possible d’enlever, du premier coup, la couronne impériale pour un des. leurs. L'élection d’un empereur protestant, à supposer qu'elle réussit, c'eût été probablement la fin de l’Empire. On voulait seulement, pour cette fois, arracher le sceptre à la maison d'Autriche. Tout concourait : l’empereur Mathias mourait sans héritier direct; Ferdinand de Styrie n'avait pas été élu roi des Romains. Les peuples souffraient et leur inquiétude était grosse d’un changement. Dans ces conditions favorables, 1l était possible, il était habile, et il était suffisant d’opposer à Ferdinand un prince, fût-il catholique, à la condition qu'il ne fût pas un Habsbourg. La difficulté était de trouver un candidat.
(1) Voir la correspondance de Baugy, résident français à Vienne, aux Archives des Affaires Etrangères. Allemagne, t. V. — Cfr. la correspondance de Puisieux, secrétaire d'État aux Affaires Étrangères. Bibl. Nat., Mss. francais, vol. 4124. — Cfr., pour cette même diète, d'autres lettres de Baugy et des résidents en Allemagne, conservées à la Bibl. Nat., Mss. fr., vol. 4115, et notamment la lettre de Baugy du 24 juillet 1619, (£ 60).
RICHELIEU. — T. Il. 24