‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 331 sur 479 · LA FRANCE APPUIE FERDINAND · texte numérisé non relu

LA FRANCE APPUIE FERDINAND

désirer de voir cette guerre finie par quelque composition et accommodement tolérable plutôt que par quelque victoire absolue » ; et, le président résumait en cestermes l’avis du Conseil : envoyer en Allemagne une ambassade solennelle qui s’efforcerait de prendre autorité sur les belligérants, de pacifier le différend et de mettre fin aux hostilités. IL ajoutait même que, si l’ambassade ne réussissait pas, le Roi devait se préparer à secourir effectivement l'Empereur, soit par des subsides, soit mème par une intervention armée. « La religion, ajoute-t-1l, en manière d’argument réitéré et décisif, y invite Sa Majesté et l'oblige à mépriser toute considération contraire (1): »

Ne pas négliger les affaires d'Allemagne: confier à une ambassade la mission de s’entremettre pour la paix, telle était donc la conclusion du vieux Jeannin. Or, c'était précisément le conseil qu'avait donné Bouillon. Mais les deuxavis, identiques dansla forme, étaient diamétralement opposés au fond. Bouillon ne voyait, dans ie roi de France, que « le protecteur des libertés germaniques »; le président Jeannin réclamait, pour le roi, l'honneur de sauver l'Empire. Ce fut naturellement l’opinion de Jeannin qui rallia tout le Conseil. Aïnsi la cause catholique et impériale l’emportait auprès du roi de France, fils de Henri IV. Que les temps étaient changés!

Le nonce Bentivoglio, quand il apprit, de la bouche de Puisieux, la résolution du Conseil approuvée par le Roi, s’écria : « C’est un miracle et une volonté manifeste de la Providence divine. »

A latèête de l'ambassade solennelle qui se rendait en Allemagne fut placé Charles de Valois, duc d'Angoulême, fils naturel de Charles IX, un des plus hauts personnages du royaume et traité en cousin par le Roi. On lui adjoignit deux diplomates expérimentés, le comte de Béthune, frère du duc de Sully, et l'abbé de Préaux, prieur de l’Aubespine et de Châteauneuf. Leurs instructions leur

(1) Le mémoire, daté de février 1620, est publié, le plus souvent, à la suite des Négocialions du PRÉSIDENT JEANNIN. On le trouvera dans la collection Michaud et Poujoulat (t. XVIII, p. 688). s

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