L'AMBASSADE EN ALLEMAGNE
ques-uns, devant que les articles d’une paix pussent être accordés, et qu'elle ne pouvait se faire qu'entre deux armées (juin 1620) (1). »
C’est cette disposition des protestants allemands qui tenait tout en suspens. L'Empereur suppliait Maximilien de Bavière de l'aider en Autriche et en Bohême. Mais celui-ci, après avoir promis, ne bougeait pas. Il déclarait qu'il ne s’engagerait à fond que s’il avait préalablement toute sécurité au sujet de ses possessions héréditaires. Il craignait, en effet, que, s'il s'avançait au secours de l'Empereur en Bohème, les armées de l'Union ne le prissent à revers et ne pénétrassent dans ses États.
Avec une habileté profonde, il s'efforçait de séparer l'affaire de Bohême des affaires d'Allemagne et de rompre le faisceau que l’habiieté contraire de Bouillon avait su nouer par l'élection du Palatin. Déjà, l’électeur de Trèves, soufflé par Maximilien, avait dit aux ambassadeurs du Palatin : « Qu'ils se battent en Bohême, tant qu'ils voudront; nous autres, nous resterons bons voisins en ces quartiers. » Cela voulait dire qu’on travaillait à isoler le Palatin, à le réduire à ses propres forces. La partie diplomatique qui se jouait, à Ulm, entre les deux renards, était donc décisive (2).
C’est à l'ambassade française que fut dü le succès. À peine rendue à Ulm, elle s'emploie avec une activité singulière auprès des membre de l’Union protestante, pour leur faire accepter l’idée d’un armistice s'appliquant aux princes allemands seuls, et laissant l'Empereur et la Bohëéme en dehors.
La diplomatie du Palatin, dirigée par un ministre avantageux et imprudent, ne vit pas le piège; on dit même qu'un des principaux chefs de l’Union, le margrave d’Anhalt, se laissa corrompre par l'argent du roi de France. D'ailleurs, les princes protestants d'Allemagne n'étaient pas sans inquiétude pour leurs propres États. Ils craignaient de tirer les marrons du feu au profit du Palatin. Celui-e1 n’était ni aimé, ni craint.
Donc, sous l'autorité du Roi de France et suivant les conseils
(1) Négociations (loc. cit., p. 178).
(2) Voir les détails de la négociation dans Mémoires de Vizceroy (t. VI, p. 2).