LE TRAITÉ D’ULM
subtils de Maximilien, on signa, à Ulm, un traité par lequel les princes protestants et les princes catholiques allemands s’engageaient respectivement à ne pas recourir aux armes les uns contre les autres. Et par les termes mêmes du traité, l’'Empereur et la Bohème étaient formellement exclus de cet arrangement.
Laissons les ambassadeurs expliquer eux-mêmes la portée de cet acte : « La paix est confirmée parmi tous les États de la Germanie, sans priver toutefois l'Empereur de porter ses armes et celles de ses parents et amis qui sont de la Ligue catholique dans le Palatinat, et lui, garde, par contre, la faculté d'être secouru en Bohème de toutes ses forces levées par ladite Ligue. »
Les princes protestants déposaient les armes. Bavière était rassuré, Le Palatin demeurait seul. Ses ennemis l'avaient à leur merci. Les ambassadeurs purent se vanter d’avoir rempli les vues de la cour de France : l'Empereur était sauvé par leur entremise : la cause catholique avait, désormais, tous les atouts dans la main.
Les ambassadeurs annoncent ces bonnes nouvelles à Paris (1). Mais le traité d'Ulm était à peine signé, le 3 juillet 1620, qu'ils virent se développer, sous leurs yeux surpris, ses funestes conséquences.
Dès le 5 juillet, Maximilien, rassuré pour ses propres États et n'ayant plus rien à craindre des protestants d’Allemagne,se met en marche à la tête de l’armée admirablement exercée qu'il avait préparée avec Tilly et 1l se porte au secours de l'Empereur.
Un mouvement général d’offensive des forces impériales se dessine alors. Le roi d'Espagne, qui avait hésité à intervenir, donne l’ordre à Spinola de quitter Bruxelles avec une armée de 25000 hommes parfaitement organisée et d’envahir le Bas-Palatinat. L’électeur de Saxe, quoique protestant, pénètre en Bohème par la Lusace dont il comptait s'emparer pour arrondir ses États.
(1) « Sire, c'est par votre seule autorité que les deux armées qui étoient ici ne sont venues aux mains, encore qu'elles fussent campées si près l’une de l'autre. » Négociations (lettre du 7 juillet 1620).