‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 374 sur 479 · LOUIS XII RENTRE A PARIS · texte numérisé non relu

LOUIS XII RENTRE A PARIS

embarras ne faisaient que commencer et que cette entreprise trop prompte et trop facile sur le Béarn aurait des suites. Il connaissait la force de résistance du parti qu'il venait de provoquer. Il ne pouvait se tromper sur le levain de haine laissé dans les cœurs. Cette affaire des protestants soulevée par lui, — malgré lui, — l’enveloppait et le menacçait de toutes parts.

Le 7 novembre 1620, Louis XIII rentrait à Paris de la tournée victorieuse, signalée par la rencontre des Ponts-de-Cé et par le règlement de la question béarnaise. Or, c’est le 9 novembre que la bataille de la Montagne-Blanche décide du sort de l’Allemagne.

A Paris, l'ambassadeur vénitien, las des atermoiements de Puisieux, se précipite, si je puis dire, sur Luynes, pour tâcher d'obtenir une réponse au sujet de la Valteline, en suspens depuis le mois d'août.

Luynes est plus absolu que Puisieux, mais il n’est pas plus résolu. La difficulté du choix entre les deux politiques l’obsède. Sa grandeur l'élève, mais elle l'isole. Selon la belle expression de Richelieu, il ressemble « à un homme qui est en haut d’une tour ». Il sent le vide se faire et le danger s’accroître; il ne sait plus s’il doit se confier à la fortune qui l’a soutenu jusqu'ici, ou se méfier d'elle et d'un revirement soudain.

Autour de lui, tout se transforme. Le Roi est changé : un peu de maturité et de confiance lui étaient venues. Il avait pris conscience d’une certaine supériorité sur son favori. Relativement, il se juge brave et décidé, tandis qu’il voit l’autre toujours timide et inquiet. Comme il avait pris goût aux chevauchées à travers le royaume et aux expéditions dont il ne connaissait encore que l'agrément, pour se maintenir, le courtisan devait se faire moins sédentaire, plus militaire et plus actif. Bientôt, les oiseaux de volière ne suffiraient plus.

Condé avait surpris habilement ces dispositions nouvelles du Roi. Pénétrant, hardi et sans scrupules, il flattait ce goût d’adolescent. Ce rebelle de la veille, cet ancien allié des huguenots était maintenant plus Jésuite que les Jésuites et plus catho-

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