AMBASSADE DE BASSOMPIERRE
de ce côté, c’est Bassompierre. On l'envoie en Espagne : il eût préféré le commandement d'une armée en Suisse. Quoi qu'il en soit, il part le 10 février 1621. IL a pour instruction de réclamer l'évacuation de la Valteline et de tâcher d’obtenir un arrangement : « Sa Majesté ayant voulu tenter toute voie amiable pour parvenir à son but, ce que ledit sieur de Bassompierre déclarera audit roi d'Espagne et à ses principaux conseillers, en termes qui ne puissent êlre impultés à menace, et néanmoïns à une signification bien claire et précise de l'intention de Sa Majesté en cet endroit ».
Luynes, comme on le voit, y mettait des formes.
Cependant, Bassompierre sera plus heureux que Cadenet. Quoique la mort du roi Philippe II ait, un instant, ralenti les négociations et modéré sa fougue diplomatique, il enlèvera d’assaut un traité en règle : c’est le traité de Madrid, signé le 25 avril 1621, par lequel la Cour d'Espagne s'engage à retirer ses troupes de la Valteline. Mais elle subordonne cet accord, conclu avec la France, à l’adhésion des cantons suisses et des Grisons, et Bassompierre, si fier qu'il soit de son succès, sait bien que cette clause rend la convention illusoire; 1l écrit à Luynes, quelques jours avant de signer : « Je ferai un traité, et Je le ferai avantageux pour le service du roi : car il est fort vrai que les gens ici ne veulent pas rompre avec la France, ains nous donner tout contentement, afin que nous leur laissions chastier à leur aise Les princes d’Allemagne à qui ils en veulent maintenant;... enfin, Monsieur, je les ferai obliger par écrit. Mais, s'ils ne veulent pas payer, j'espère, par votre moyen et faveur, être un des sergens qui Les ira exécuter et je serai là où je me promets de réussir mieux qu’à faire l'ambassadeur... » Et, tout de suite après la signature de l'acte, il écrivait encore : « Si on retarde l'exécution de ce traité, que nos affaires se changent et que les Espagnols puissent trouver quelque sujet de délai, assurément ils ne restitueront pas la Valteline ; car elle leur est de grande conséquence (1). »
(1) On a publié l'Ambassade du maréchal de Bassompierre en Espagne. A Cologne (Elzevier, 1668, in-12). « Cfr. son Journal (éd. Société de l'Histoire de France (K. I, in fine), et ZEzLer, Le Connétable de Luynes (p. 203,.
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