‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 419 sur 479 · I. — Le siège de Montauban. — La fin de Luynes · texte numérisé non relu

I. — Le siège de Montauban. — La fin de Luynes

La guerre étant décidée contre le parti protestant, le Roi avait quitté Fontainebleau, le 1% mai 1621, pour se rendre à Orléans, puis à Blois, puis à Tours. IL descendait la Loire en bateau.

À Bourgueil, il avait recu, le 16 mai, la visite de la reine mère. Celle-ci était très embarrassée (1). Accompagnerait-elle le Roi dans sa campagne contre les protestants? Le faire, c'était s’atteler en quelque sorte au char du connétable. Mais laisser Le Roi, c'était abandonner la partie. Elle se décide à suivre l’armée, sans trop s'écarter cependant des bords de la Loire, où elle se plaisait. Elle alla jusqu’à Saumur, place forte dont le gouverneur était Duplessis-Morna y.

Luynes, en agissant par l'intermédiaire de Villarnould, gendre de Duplessis-Mornay, obtint, pour le Roi, l'entrée dans la ville et 1l sut se faire ouvrir également les portes du château. Le vieux huguenot fut plus mécontent que surpris. Il espérait que, le Roi une fois parti, on lui rendrait le gouvernement de la place; mais il n’en fut rien. On la lui emprunta par un acte en bonne et due forme, avec le ferme propos de la garder. La ville fut donc perdue pour les protestants. Les plus violents accusèrent Duplessis d'être le complice de la fraude dont il était La victime. Sa faiblesse ou sa prudence passèrent pour de la trahison. Il ne survécut guère à sa peine (2).

(1) Correspondance (t. VII, p. 934).

(2) Voir tout l'incident dans Histoire de la Vie de Messire Philippes de Mornay, seigneur du Plessis-Marly, édit. Elzevir, 1647, in-4° (p. 598 el suiv.).

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