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C'est surtout quand il s’agit de nos intérêts au dehors que le ton s'élève. Le discours de L’'Hôpital à la France mourante est un programme : « Vous savez, Madame, que, pendant que vous étiez devant Montauban, l'Espagnol a pris l'occasion de s'emparer du duché de Juliers, du Haut et du Bas-Palatinat, qu'il a fort accortement joints à ses Pays-Bas. IL a démêlé à son avantage toutes les brouilleries de Bohème et de Hongrie; il a fait bouquer tous les potentats de la Germanie: ila befflé l'Angleterre; il s'est emparé de la Valteline, puis des trois Ligues Grises. De sorte que si on laisse affermir ses conquêtes, il est très certain qu'il se rend maitre de toute l'Italie et edominateur des Allemagnes... »
Et voici maintenant les remèdes : « Je ne suis point d'avis de faire la guerre ouverte à l'Espagne ni à la Maison d'Autriche. Mais vous devez, Madame, assister à bon escient vos alliés, les faire mouvoir tant en Allemagne qu’en Italie, envoyer vers eux toute la noblesse et Les soldats qui cherchent les armes; ne plus permettre qu'ils aillent servir les Ibériens; donner de bonnes instructions à vos ambassadeurs et les châtier rigoureusement s'ils ne les exécutent pas mieux que par le passé; relever la réputation de cette couronne qui décherrait tous les jours parmi les nations étransères et reculer de vos conseils tous ceux qui ont l'haleine espagnole (1). »
On croirait entendre la voix de Richelieu. D'ailleurs, ces pamphlets sont écrits sous son inspiration. Ils émanent de son entourage; on dit qu'ils sont de Fancan. Ils traduisent les sentiments de l’opinion. Ils portent; les ministres sont touchés; 1ls ne savent comment se défendre.
Puisieux, selon sa méthode habituelle, pense quil suffit de s'approprier les idées des autres. Cette affaire de la Valteline encombre sa route. Tout le monde crie. Il cherche un expédient qui fasse taire les plaintes, comme si cela arrangeait l'affaire!
I s'avise d’une procédure, déjà indiquée, sous main, par les Espagnols eux-mêmes lors de la négociation de du Fargis,
(1) Recueil des pièces … du temps de Luynes, édition 1625 (p. 489 et Suivante).