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LES MARIAGES ESPAGNOLS

et celle qui venait régner en France, Anne d'Autriche — eut lieu, le 9 novembre, sur la Bidassoa, près de Fontarabie. Le mariage

. du roi fut célébré, dans l’église métropolitaine de Bordeaux, avec

une pompe extraordinaire, Le roi et la reine, nés à huit jours de distance, en septembre 1601, entraient seulement dans leur quinzième année. Ils étaient encore, tous deux, des enfants (1).

La reine mère voyait donc son rêve réalisé, et l'enfance prolongée du jeune roi, son esprit distrait et nonchalant, la vénération mêlée de terreur qu'il gardait pour sa mère, — il n y avait pas longtemps que, au dire d'Héroard, elle le fouettait encore de sa propre main, — tout lui faisait espérer qu’elle garderait longtemps encore l'autorité consacrée à nouveau par ce coup brillant des mariages espagnols.

Toutes les raisons qui pouvaient emplir de joie l’âme de Marie de Médicis, devaient au contraire déprimer et abattre le prince de Condé et ses partisans. Aussi, quoique le retour du roi et des reines eût lieu dans d'assez mauvaises conditions, en plein hiver, dans un pays ruiné, par des chemins boueux et interminables, quoique les troupes royales, épuisées par les fatigues, décimées par la maladie et les désertions, eussent grand’peine à garder un aspect militaire, Condé, toujours versatile et intéressé, ne songea plus qu’à tirer parti du peu de prestige qui lui restait encore pour traiter le plus avantageusement possible. L’ambassadeur d’Angleterre, par ordre de son roi, et Le duc de Nevers, heureux de saisir une occasion de jouer un rôle, s’entremirent, et, le 1°" janvier 1616, le roi, qui arrivait à La Rochefoucauld, en Poitou,

faisait répondre à une première démarche du prince de Condé

qu'il consentait à ouvrir une conférence pour régler les conditions de la paix.

La reine Marie de Médicis était à l’apogée de son gouvernement. On entrait dans l’année 1616, « dans cette année bissextile qui a été aussi remarquable par les mutations extraordinaires de l'air,

{1) Pour toute cette partie si intéressante de la vie de Louis XIIT, je ne puis que renvoyer aux Mémoires contemporains et aux Documents mis en œuvre par M, AR- MAND BAscHET, dans son curieux livre : Le Roi chez la reine; Paris, Plon, 1866,

* in-8°,

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