‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 68 sur 479 · CLAUDE MANGOT · texte numérisé non relu

CLAUDE MANGOT

de sa faveur et de ses espérances. Il se jugea mort le second jour de sa maladie et fit son bonjour. Il à laissé huit enfants (1). »

Claude Mangot était aussi un avocat, mais d’un autre caractère, plus doux, plus souple et plus honnète. Le président Gramond dit de lui : « ver probus et, quod in aul4 rarum, incorruptus. » Il appartenait à une excellente famille de robe. Son père était de Loudun et, par cette origine, avait peut-être quelque accointance avec les Plessis-Richelieu. Ce père était un avocat illustre et dont Loysel parle avec éloge dans son Draloque. Il avait eu un frère ainé, Jacques Mangot, qui était mort jeune et dont la perte fut pleurée dans les termes les plus touchants par l'élite de son temps, les Pasquier, les Loysel, les Du Vair, les d'Espeisses : «Il n’avait que trente-six ans lorsqu'il décéda et n’eût eu son pareil soit en probité et intégrité, soit en science et en connaissance de toutes bonnes lettres, s’il eût vécu... En un corps qui semblait assez frêle, 1l y avait des muscles et des nerfs bien forts et un très bon sang. » Son frère Claude avait de ce même sang dans les veines. Pourtant, il avait aussi rendu des services au maréchal d’Ancre. Commissaire dans ce même procès de Magnat, 1l avait dirigé la procédure de facon que le marquis et Dolé sortissent indemnes. Le favori l’'envoya en mission en Savoie, puis le fit nommer premier président au Parlement de Bordeaux; il devait en faire, bientôt, un secrétaire d'État, un garde des sceaux. Sa capacité ne parait pas avoir été suffisante pour ces grands emplois. Après la chute du maréchal d’Ancre, il devait rentrer au conseil d'État et, dans une situation plus modeste, rendre, toute sa vie, de sérieux services à l'homme qui avait été un instant son collègue dans le ministère, le cardinal de Richelieu (2).

(1) Sur Dolé, comparer : Levassor, Histoire de Louis XIII (t. I, p. 139, 190, 227, 415, 429, 515). — FoNTENAY-MAREUIL (t. I, p. 108). — De Taou (t. X, p. 598). — ARNAULD D'ANDILLY (p. 152). — ZELLER, 0p. cit. (p. 29), cite ce passage du secrétaire florentin ANDREA Ciorr, qui prouve que Dolé avait une grande influence dès le début de la régence : « On tient, écrit-il le 19 juin 1610, que Villeroy est extrêmement mécontent, parce que la reine, dit-on, chaque fois qu’elle sort du conseil, a une consultation sur les décisions qui y ont été prises, avec trois conseillers secrets, à savoir avec Concino, avec Duret, qui est un de ses médecins, et avec Dolé, son procureur et avocat général... »

(2) Sur Mangot, Voir Loisez, Dialogue des avocats, éd. Dupin (p. 96). — Du Var,

Traité de l'éloquence française. — Pasquier, Recherches (liv. IV, ch. 27, p. 409). — GRAMMOND, Historiarum Galliae ab excessu Henrici IV, libri XVIII (éd. 1653, p. 133).

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