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BARBIN ET RICHELIEU

. .,. , , vernementale, réagir contre la politique de déférence et d’abandon, mater les princes et les rebelles, au besoin par la force, assurer au pouvoir un lendemain. Il se trompait dans ses calculs,

puisque ni la reine ni Concini ne lui offraient des appuis assez résistants et qu’il n'avait pas vu qu’au moment où on développait

l'autorité monarchique, il fallait, avant tout, tenir compte de la volonté personnelle da monarque. Mais l'attitude qu’il prit et les indications qu'il laissa eurent, du moins, pour résultat de préparer aux mêmes idées et de former, pour des entreprises analogues, un homme dont son amitié allait bientôt faire un ministre, le jeune évèque de Lucon.

Les relations de Barbin et de Richelieu sont un des épisodes les plus curieux et les plus obscurs de la vie du « grand cardinal ». Ils s'étaient connus chez Denys Bouthillier, quand Barbin était encore procureur du roi à Melun. Leurs ambitions chassaient donc ensemble depuis fort longtemps. Les esprits et les caractères se plaisaient. L'intimité fut telle entre eux que Richelieu aurait voulu faire de Barbin son beau-frère. Barbin eut, le premier, une réelle autorité à la cour. Il prit l'évêque par la main et le présenta à Léonora d'abord, puis à Marie de Médicis. À la première occasion, il fit, de son ami, un ministre. Il ne jalousait n1 ne craignait l'incontestable valeur de celui qu'il introduisait ainsi dans les hauts emplois. À la mort du maréchal d’Ancre, Barbin, étant le véritable chef du ministère, fut le plus frappé. On le mit à la Bastille et 1l perdit tout. Richelieu, moins compromis et plus sou-

ple, tomba d’une chute amortie, puis inspira une demi-confiance

à Luynes et resta près de la reine mère. Barbin, délivré seulement en 1623, fut envoyé en exil. Louis XIII ne lui pardonna jamais le rôle qu'il avait joué près du maréchal d’Ancre.

Richelieu, redevenu ministre, resta-t-1l fidèle à son ami? Les

paroles et les protestations, de sa part, ne manquent pas. A diverses reprises, il intervint auprès du roi. Mais on sent, dans son attitude, une sorte de gêne et d’embarras. C’est que la différence entre les deux destinées était grande : l’un pauvre, banni, réclamant, avec une sorte de fierté hautaine, des services que l’autre n'osait ou ne voulait lui rendre. L’hostilité persistante de Louis XIII

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