LE NOUVEAU MINISTÈRE
C'est de là que, à peine arrivé, 1l adresse à la reine mère une lettre où, pour qui sait lire entre les lignes, apparaissent les divers sentiments qui l’agitent. Sûr déjà d’une sorte d'intimité, sachant qu'on apprécie et qu'on recherche ses conseils, il se plait à les faire attendre, tout en s’excusant, dans les termes les plus humbles, de ne pouvoir être près de la reine mère et en alléguant des prétextes de santé : « Le déplaisir que j'en ai est indicible; mais ce qui me console est la connaissance que j'ai de ne lui être pas seulement nécessaire (à la reine), mais qui plus est utile, le secours que Votre Majesté tire en ses affaires de sa propre tète étant plus que suffisant et le meilleur qu'il puisse y avoir pour les faire réussir (1). »
IV. — Le ministère Concini-Barbin. — L'Évêque de Luçon devient secrétaire d'État.
Jamais, au contraire, la reine n'avait eu davantage besoin d’être dirigée. | Par la Loi fatale de son intimité avec les d'Ancre, e.le était amenée à leur abandonner le pouvoir. Mais, en revanche, elle sentait que, partout, la résistance s’organisait sourdement contre ses favoris. Ce n'était plus seulement le parti aristocratique, vieil adversaire dont l'inépuisable prodigalité des deniers publics finissait toujours par avoir raison : c'était l'opinion publique, très montée et dont l'excitation se traduisait par une véritable grêle de pamphlets; c était le peuple, dont les sentiments naturellement hostiles aux étrangers étaient surexcités par les bruits de magie et de sorcellerie qui circulaient sur les Concini et sur leur entourage, et par une sorte de campagne mystérieuse où se confondaient la haine du pouvoir, celle des juifs et celle des Italiens (2).
où à habité Richelieu rejoignait la rue des Lavandières et la rue des Bourdonnais. Elle a été démolie, lors de la construction de la rue de Rivoli. On peut se rendre compte de son aspect ancien en visitant aujourd'hui l’étroite rue des Orfèvres et les rues voisines, qui ont conservé la plupart des vieilles constructions contemporaines des règnes de Henri IV et de Louis XIII.
(1) Correspondance (1, p. 85).
(2) Sur.la campagne « antisémite », très vive alors et qui prenait surtout à partie les