‹ Histoire du cardinal François de SourdisChapitre 31 sur 55 · LOUIS · texte numérisé non relu

LOUIS

» Du camp d'Estré, le 9 novembre 1627. »

Dès que le cardinal eut reçu celte lettre si flatteuse, il s'empressa de donner avis au Parlement des détails qu'elle contenait, et il ordonna que le jour même il serait chanté un Te Deiim solennel dans la primatiale. Cependant, les curés avaient été prévenus par Son Eminence de la brillante victoire des armes françaises sur les Anglais : bientôt le son de toutes les cloches mit en émoi toute la population, qui se porta sous les croisées du palais archiépiscopal, et salua son archevêque de ses vivats mille fois répétés.

Pendant que ces faits d'armes s'accomplissaient, le cardinal, sur la prière du Père Bernard de Sainte-Thérèse, carme déchaussé, s'était occupé de la fondation à Bordeaux d'un couvent de religieuses do Saint-Dominique. Le célèbre carme avait reçu à cet effet une somnie de 7,000 livres d'une dame de Balancier, qui, si l'on en croit Dom Devienne, ne paraît pas avoir été douée d'un caractère bien ferme et bien persévérant.

Mais le récit de cet historien est souvent entaché d'une inexactitude telle, qu'on ne peut accepter ses dires qu'avec une extrême réserve. Selon lui, ce fut le 16 juillet 1627 que M'"^de Balancier remit celte somme au Père Sainte-Thérèse, puis il ajoute :

c( Le cardinal ayant donné son consentement à cet établissement, on demanda des sujets de cet ordre au monastère de Toulouse. Après beaucoup de contradictions et de traverses, trois religieuses arrivèrent à Bordeaux. Dans cet intervalle. M'"' de Balancier voulut retirer sa donation. Gomme elle avait été revêtue de toutes les formalités, ses tentatives furent inutiles

» Les religieuses de Saint-Dominique, plus connues sous le non) de

Sainte-Calherine, parce qu'elles doivent leur institution à Sainte- Catherine de Sienne, s'établirent d'abord dans le quartier du Château- Trompette. Leur fondatrice, devenue leur plus grande ennemie, ne pouvant les faire renvoyer, indisposa contre la communauté le gouverneur et le premier président, et chercha à indisposer le cardinal à leur égard. »

Tous ces détails sont remplis d'inexactitudes et même d'anachronismes. En 1627, le duc d'Épernon saccageait tous les environs de Montauban; il ne pouvait donc écouter les doléances et les récriminations de M""^ de Balancier.

Le départ des Catherinettes, lorsqu'elles voulurent quitter Toulouse, rencontra tant de difficultés, qu'elles n'arrivèrent à Bordeaux qu'à la fin de l'année. La fondatrice de leur couvent n'eut donc pas le temps de prémunir contre elles le cardinal, qui habitait le plus souvent la seigneurie de Montravel ou son palais de Saint-Émilion. Il n'y a là qu'un conte fait à plaisir pour rendre plus dramatiques les premières années du séjour des Catherinettes à Bordeaux. On a voulu rendre ces religieuses intéressantes, comme on avait tenté d'appeler l'attention sur la fondatrice des filles de Notre-Dame, en la présentant comme la victime des ressentiments du cardinal de Sourdis.

Oh! combien les Ursulines ont été animées d'un meilleur esprit, elles qui ont conservé pieusement, jusqu'à ce jour, le souvenir de la tendre sollicitude du cardinal, et qui ont su mériter ainsi la protection spéciale de ses illustres successeurs! Jusqu'à sa dernière heure, le cardinal trouva dans la vertu et la piété de cet ordre les plus douces consolations. La réputation de ces saintes filles ne faisait que s'accroître ; il en est encore ainsi des trois Maisons qu'elles occupent à Bordeaux, à Bazas et à Langon.

L'évêque de Carcassonne, M^' Yital de Lestang, voulut posséder une maison d'Ursulines dans sa ville épiscopale. Il exprima son désir à M^' de Sourdis, qui lui adressa aussitôt la vénérable mère Jeanne de la Croix, avec six religieuses et une sœur converse.

Les Annonciades continuèrent à former avec les Filles de Notre- Dame et do Sainte-Ursule le contraste le plus déplorable. Des inci-

dents fâcheux se produisirent encore en 1627 dans la Maison de Bordeaux. Neuf ans auparavant, le cardinal avait envoyé à Rabastens cinq dames de cet Ordre pour y fonder un couvent, à la condition expresse qu'elles entreraient à Bordeaux dès que leur présence ne serait plus nécessaire dans la Maison nouvelle. Elles s'acquittèrent avec le plus grand succès de la mission qui leur avait été confiée, et, le 18 octobre 16:27, le père provincial de la Grande-Observance, sous la juridiction de qui elles étaient placées, leur donna des lettres d'obédience pour revenir à Bordeaux. Elles s'attendaient à être reçues comme les colombes de l'arche; mais on leur déclara dès leur retour que la porte du couvent leur était fermée. Il fallut que le cardinal intervînt et obligeât la supérieure à les accueillir avec les égards qu'elles méritaient. Cette opposition de la part des Annonciades n'est pas difficile à expliquer. Les religieuses de Rabastens s'étaient fait remarquer par leur conduite exemplaire, leur ponctualité à suivre la règle. Les religieuses de Bordeaux craignaient d'être contraintes à suivre leur exemple.

Ce n'était là qu'une contrariété légère en comparaison des ennuis que le Chapitre de Saint-André donna au cardinal, pour ainsi dire, jusqu'à sa dernière heure. Il semble qu'on pourrait affirmer, sans mentir à la vérité, que l'esprit étroit et mesquin dont il était animé, que ce besoin de résistance et de tracasserie qui l'agitait, abrégèrent les jours du grand archevêque.

L'union entre les moines de Sainte-Croix et l'ordre réformé de Saint- Maur était accomplie. Les nouveaux religieux annoncèrent qu'ils prendraient leur service le 1" août. Pour célébrer cette bonne nouvelle. Son Éminence ordonna que l'Oraison de quarante heures aurait lieu dans l'église de la Grande-Observance et dans quelques autres pendant quinze jours, et qu'elle se terminerait par une procession solennelle où l'on porterait les reliques des saints.

Cette procession devait avoir lieu le 8 août; mais, par suite du mauvais temps, elle fut retardée de deux jours.

Pendant cet intervalle, se produisit entre le Chapitre métropolitain et celui de Saint-Seurin un incident qui affligea profondément M^' do Sourdis. Les chanoines de Saint-Seurin réclamèrent de

leurs confrères le droit d'occuper, dans la cathédrale, le côté gauche de la nef, et de marcher à leur gauche à la procession. Le Chapitre métropolitain se refusa à cette concession, et voulut que le Chapitre de Saint-Seurin marchât derrière lui. Saint-Seurin avait sollicité cette concession comme une faveur. Sur le refus de ses al tiers confrères, il la réclama comme un droit, et justifia d'un accord fait autrefois entre les deux Chapitres, qui tranchait en ce sens la question de préséance.

Le Chapitre de Saint-André ayant persisté dans son refus, Saint- Seurin en référa au Parlement, qui lui donna gain de cause.

Au lieu de se soumettre, les chanoines de la cathédrale décidèrent qu'ils s abstiendraient d'aller à la procession, et, pour prouver que leur résolution était irrévocable, ils défendirent à tous les ofliciers de la primatiale d'y assister, sous peine de se voir refuser, pendant six mois, l'entrée du chœur. Conformément à cet ordre, le jour de la cérémonie, le côté droit de la nef resta vide. Cette conduite fut l'objet des critiques les plus légitimes de la part de la population, quelquefois fort bonne appréciatrice. Les réflexions les plus malveillantes circulèrent et furent répétées assez haut pour que les chanoines les entendissent. Ils comprirent alors finconvenance de leur conduite, et vinrent dans la suite prendre rang à la procession. Mais le coup était porté, et des rires ironiques accueillirent leur trop tardif repentir.

A peine une difficulté était-elle aplanie, qu'il en surgissait une autre. Les Minimes de Saint-Macaire firent connaître au cardinal que souvent, après les services funèbres faits dans leur chapelle, les héritiers des personnes décédées emportaient les cierges allumés autour du cercueil. Cet usage était contraire aux règlements. M^' de Sourdis décida quele luminaire qui aurait été destiné aux obsèques dans leur église y resterait pour être employé au service divin. Il fit exception toutefois pour les cierges tenus par les membres des Congrégations approuvées et pour la part due au curé, ainsi que cela se pratiquait dans les églises de Bordeaux.

Un autre établissement religieux occupait une large part dans les pensées du cardinal ; mais celui-là du moins ne lui donnait que joie

et satisfaction : c'était Verdelais. La protection de la Sainte Vierge s'y manifestait de la manière la plus éclatante, et chaque jour arrivait le bruit de quelque guérison nouvelle.

Pour assurer le service de ce pèlerinage, le cardinal y avait établi un certain nombre de religieux Célestins. Par acte public passé le 18 août 1G27 pardevant Laurent Dautiège, notaire royal et apostolique en la ville de B(3rdeaux, il leur fit abandon de la chapelle, des édifices et des terres qui en dépendaient, et que lui-même avait achetés des Pères Jésuites et de quelques particuliers, à Laide des deniers, meubles, joyaux, rentes et aumônes donnés par des gens de bien à Notre-Dame de Verdelais, en reconnaissance des grâces reçues ou espérées de la miséricorde de Dieu, par Fintercessionde la Sainte Vierge. Il s'engagea à annexer à ses frais et diligences la cure d'Aubiac à la chapelle de Verdelais, et, pour aider à construire le couvent, il promit de fournir une somme de 6,000 livres, à la condition que les diverses Maisons de l'Ordre feraient une avance égale.

De leur côté, les religieux s'engageaient à reconnaître pour fondateurs et supérieurs de leur couvent, tant M^' le cardinal de Sourdis que ses successeurs, archevêques de Bordeaux, pour la santé et prospérité desquels ils promirent de prier.

Les Célestins restèrent paisibles possesseurs de Verdelais jusqu'en 1770, époque de la dissolution de leur Ordre. La maison resta vide quelque temps. A la Révolution, les biens furent vendus, mais la piété des habitants sauva la chapelle seule et la statue miraculeuse.

Lorsque Tordre eut été rétabli en France, M^' d'Aviau chercha à rendre à Verdelais son ancienne splendeur, en rachetant le peu qui restait de Tancien couvent et de son clos. Il était réservé à Son Eminence le Cardinal Donnet de donner une vie nouvelle à ce pèlerinage. Sa première pensée fut d'y appeler des religieux exclusivement dévoués au culte de Marie, les révérends pères Maristes, récemment fondés à Lyon, et, sous cette active impulsion, Verdelais devint une création nouvelle. La maison fut rebâtie, fancien parc des Célestins replanté et clos de murs. Un noviciat et une école, dirigés par les Sœurs de la Présentation, du Bourg-Saint-Andéol, furent annexés au monastère. L'église, voûtée entièrement, a été dotée de deux nefs entièrement neuves, enrichie de magnifiques verrières et surmontée d'un beau clocher, dû au talent de M. Duphot, l'un de nos architectes

les plus distingués. Enfin, un calvaire, œuvre grandiose inspirée par le zèle le plus intelligent, couronne le sommet de la ravissante colline qui domine Yerdelais. Ce monument, qu'on aperçoit du chemin de fer, du bassin de la Garonne, et d'une partie des arrondissements de Bazas, La Réole et Bordeaux, n'a pas son rival en France. Aussi avec quel empressement, quel esprit de foi ne s'y rend-on point de toutes parts? M»' Bonnet, dut sa modestie en souffrir, doit donc être regardé comme le fondateur du Yerdelais moderne, ainsi que le cardinal de Sourdis l'a été de celui du XYIII^ siècle, et les habitants de cette paroisse bénie ont accompli un acte de haute justice en décorant de son buste la place qui conduit à Féglise.

Bans sa dernière visite à l'église Saint-Rémy, le cardinal de Sourdis avait remarqué que la chaire était mal placée, et il avait recommandé de la transporter sur un point qu'il désigna, et d'où le prédicateur pourrait être facilen-ient entendu de toutes les parties de réglise. L'ecclésiastique chargé de prêcher pendant l'Avent lui apprit que ses ordres n'avaient pas été exécutés. Monseigneur les renouvela; mais comme les membres de la fabrique s'obstinaient à ne pas obéir, il décida que la station ordinaire n'aurait pas lieu dans cette église, et la fit prêcher à Saint-Projet. Le carême suivant, la chaire était placée au nouveau pilier désigné pour la recevoir.

Cependant, la santé de Son Éminence déclinait tous les jours. Bes fatigues multipliées, des labeurs trop prolongés, des soucis sans cesse renaissants, tout avait ruiné une complexion jadis si forte et devenue si délicate, et bientôt allait sonner fheure à laquelle Fillustre pontife serait appelé au sein de Bieu.

Béjà, dans le milieu de l'année, il avait ressenti des atteintes sérieuses du mal qui le consumait. Néanmoins, il n'avait pas cru devoir interrompre ses travaux, et, comme ces lampes qui jettent une lueur pins vive au moment où l'huile va finir, il avait voulu que les dernières heures de sa vie fussent consacrées en entier à l'accomplissement des devoirs auxquels il s'était attaché depuis vingthuit ans.

Mais à l'approche des fêtes de la Nativité, ses forces le trahirent; il fut obligé d'appeler auprès do lui son frère Henri, évêque de

Maillezais, et son coadjuteur, qui laissa le camp de La Rochelle pour répondre à ses désirs. Ce prélat, dont la vie devait être semée de tant de tribulations, officia pontificalement le jour de Noël, et, le lendemain, il donna le sacrement de TOrdre aux jeunes lévites du diocèse.

Le cardinal put cependant célébrer l'anniversaire de son sacre; vingt'buit pauvres reçurent de lui une précieuse aumône. Lorsqu'ils le quittèrent, il leur donna sa bénédiction, et se recommanda humblement à leurs prières.

On eût dit que l'approche de la mort le transfigurait et ne laissait dans son cœur qu'une inépuisable charité.

L'hiver était très rigoureux; il fit distribuer aux indigents d'abondants secours. Au renouvellement de Tannée, il recommanda avec les plus vives instances les prisonniers aux ecclésiastiques chargés de leur donner les secours spirituels; enfin, les curés eurent l'ordre de s'enquérir avec sollicitude des infortunes honnêtes qui se cachaient aux regards de la foule, et de porter dans les mansardes le pain qui nourrit et la parole qui console.

Un jour qu'il était sur son lit de souffrance, il songea à ses pauvres prêtres des campagnes; il se rappela que souvent, à leur lit de mort, ils n'avaient autour d'eux ni parents ni amis pour les encourager et les fortifier, et qu'aussitôt qu'ils avaient fermé les yeux, une foule de collatéraux avides se disputaient leurs chétives dépouilles. Le 1*'" janvier, il écrivit aux vicaires-forains de visiter les prêtres malades, de les recommander à la charité des curés voisins, et de leur faciliter ainsi la redoutable et terrible approche du tribunal suprême. Cette touchante ordonnance fut la dernière que signa le cardinal; ce fut le suprême adieu à son clergé.

Le 15 janvier. Son Éminence parut si dangereusement malade, que le vicaire-général crut devoir demander au clergé de réciter à la messe la collecte Pro infirmiSj et prier les curés des campagnes de faire exposer le Saint Sacrement dans leurs églises, les dimanches et jours de fête, jusqu'à la convalescence de l'illustre malade.

Quelque temps après, se produisit (pielque amélioration dans son état; il put se lever et entendre la messe dans sa chapelle. Déjà

ses amis, son clergé se réjouissaient et le félicitaient de son retour à la santé. Le cardinal secoua la tête en souriant, et se retira dans son oratoire; et comme son confesseur lui demandait pourquoi il doutait de son rétablissement prochain, il répondit en le priant de donner des ordres pour qu il pût se rendre à Verdelais. Le bon prêtre resta frappé de stupeur à une proposition si inattendue ; le sol était couvert de neige; une bise pénétrante sifflait dans les campagnes : il crut que la fièvre avait altéré la raison de son archevêque.

Le cardinal insista encore, et, sur les observations de son confesse\ir qu'un pareil trajet était impossible dans l'état d'épuisement où il se trouvait, M^^" de Sourdis répondit qu'il avait reçu de la Sainte Vierge des faveurs si grandes, qu'il voulait aller la remercier dans son sanctuaire le plus vénéré. Le prêtre s'enhardit à lui demander quelles étaient ces faveurs; mais le cardinal se borna à lui répondre que, pendant la messe, sa vue avait été frappée par une lueur blanche qui s'étendait comme une vapeur ondoyante, et que, dans cette auréole, il avait remarqué une figure surnaturelle qui rappelait au ciel. « C'était sans doute, répartit le confesseur, l'image de quelque grand saint en qui vous avez mis votre confiance. » « Non, fit le cardinal, c'était mieux encore; y> et il tomba dans une douce rêverie dont il ne sortit que pour demander si tout était prêt pour le voyage de Verdelais. Son médecin ayant déclaré qu'il s'opposait à son départ, il leva les yeux au ciel, ses lèvres s'agitèrent pieusement, mais il ne répondit rien.

Le 8 février, le cardinal reçut le viatique, qui lui fut apporté de Saint-André. Il pria ensuite qu'on lui donnât l'extrême-onction; mais, sur l'avis du médecin, on jugea opportun d'attendre encore. Cependant, le mal ayant empiré dans la journée, il renouvela sa demande. Il était évanoui quand on lui administra ce dernier sacrement. Lorsqu'il revint à lui, il vit agenouillé au pied du lit son fidèle Miard, Texcellent Demoncy, le théologal de Grimaud et quelques conseillers du Parlement qui sanglotaient. Il montra le ciel de sa main décharnée. « Félicitez-moi, y> dit-il, et il mourut.

Le surlendemain, le Parlement, les jurats, le clergé, le peuple, conduisaient à la Chartreuse un modeste cercueil, sur lequel reposait la barette cardinalice, et qu'escortaient douze clercs porteurs de

flambeaux. Une large avenue unissait le palais archiépiscopal au monastère. Mais le duc d'Epernon Tavait l'ait fermer ce jour-là, et le funèbre cortège fut obligé de s'engager dans des chemins boueux et quasi-impraticables.

Le cardinal avait voulu qu'on Tenterrât avec une grande simplicité dans son église de la Chartreuse, et que son cœur fût placé au bas des marches du sanctuaire de sa cathédrale, afm que chacun pût le fouler aux pieds. Ses dernières volontés furent exécutées.

Aujourd'hui, on ne sait ce qu'est devenu son corps; mais une large pierre noire indique le lieu où est déposé ce cœur qui ne battit que pour les grandes choses. Tous les ans, les chanoines de la primatiale, animés d'un tout autre esprit que leurs devanciers, viennent, le 2 novembre, leur archevêque en tête, y donner une absoute solennelle. Le cardinal de Sourdis est ainsi le seul archevêque des temps passés dont on célèbre encore l'anniversaire; car il n'y a même plus une pensée officielle pour tant d'illustres pontifes qui ont illustré le siège primatial d'Aquitaine (*).

(1) Le bienheureux Pey Berland lui-même n'a reçu d'autres honneurs que ceux qui lui ont été rendus par le dernier de ses successeurs, ù Bordeaux d'abord, où l'on a juridiquement ouvert la tombe où l'on espérait trouver quelques parcelles de son corps. On célébra à cette occasion un service funèbre dans la cathédrale, puis à Avensan, son lieu de naissance ; à Moulis, où il passa son adolescence ; enfin à Kotre-Dame de la Fin-dcs- Tcrrcs, sanctuaire incomparable, si longtemps enseveli dans les sables de la mer, que Pey Berland enrichit plusieurs fois et mit au premier rang des sanctuaires qu'il aimait à visiter. Kous devons toutefois mentionner que Maf^ Donnet fait une absoute solennelle, chaiiue année, devant le monument élevé à la mémoire de M^f le cardinal de Cheverus.

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