‹ Histoire du Cardinal Pitra, bénédictin de la Congrégation de FranceChapitre 7 sur 91 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

vrier 1889. La messe était célébrée par Mgr Perraud, évêque d'Autun, héritier et successeur des prélats qui avaient consacré les premiers pas du cardinal dans la profession cléricale.

Quarante-six ans auparavant, jour pour jour, le 1 0 février 1843 un jeune prêtre du diocèse d'Autun encore inconnu, se liait à Tordre de Saint-Benoît par la profession religieuse dans l'église de Solesmes, entre les mains de dom Guéranger, fondateur et premier abbé des bénédictins de la Congrégation de France.

Il peut être intéressant d'étudier comment a été franchie la distance entre ces deux étapes extrêmes qui paraissent à première vue si éloignées l'une de l'autre ; comment après ce début qui semblait lui fermer l'accès à toutes les dignités de l'Église, leprofès de 1843 est monté jusque sur les marches les plus élevées du trône pontifical.

Les personnes qui ne connaissent le cardinal Pitra que par ses ouvrages s'imaginent trop facilement peut-être que l'intervalle entre ces deux dates de la vie de l'illustre savant a été rempli tout entier par le travail assidu de la cellule, et en conséquence qu'on n'y saurait trouver la matière d'une histoire. La suite prouvera, nous Tespérons, que cette opinion n'est pas entièrement juste. Que les recherches scientifiques occupent dans l'existence du cardinal Pitra une place importante, la place principale si l'on veut, nous n'y contredisons pas. Nous ajouterons même que ce n'est pas là le moindre intérêt de cette vie : suivre dans l'histoire de la science et de l'érudition au dix-neuvième siècle la trace laissée par le cardinal Pitra, résumer le résultat de ses recherches et de ses découvertes, en préciser la portée et en apprécier l'influence sur le mouvement scientifique contemporain, se rendre compte de sa méthode de travail et de la nature de ses facultés, c'est une partie du programme que l'historien du cardinal Pitra doit

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